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RN à Beaucaire, face à la presse, l’opacité

RN à Beaucaire, face à la presse, l’opacité

Pendant notre enquête à la fin de l’été 2025, le ton est toujours resté cordial, mais masque une politique d’opacité et d’évitement. « Je vous rappelle dans 5 minutes… bip bip bip ». Quand des journalistes insistent pour obtenir des informations sur la gestion de Beaucaire et un entretien auprès du maire, c’est Cédric Rodriguez, collaborateur de cabinet du maire qui s’y colle.

Nos demandes ont commencé par la demande en physique devant le bureau du maire. Une interview du maire ? « Non, ce n’est pas possible de faire des interviews à cause de la campagne municipale qui commence et le respect de l’égalité du temps de parole. » Nous répondons que l’égalité ne s’adresse qu’aux radios et télévisions. Le collaborateur ne nous croit pas. Il pourra don  relire le règlement de l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle et numérique (Arcom) si ça l’intéresse. Passons.

En traînant à Beaucaire un soir de concert sur la place de la mairie, avant le début du spectacle, nous prenons des photos des sièges vides à la recherche du nom du maire sur un écriteau pour en faire une photo d’illustration qui puisse servir à l’occasion. En passant par là, notre nouvel ami se permet de conseiller : « Non, ça ce n’est pas intéressant à prendre en photo. » Nous rétorquons que C’est encore nous qui décidons : « chacun son métier ».

Plus tard, nous adressons une demande précise : la transmission des délibérations et procès-verbaux des conseils municipaux de ces deux dernières années. Légalement, ces documents devraient pourtant être disponibles en ligne. Nous repassons rendre visite à l’étage de la mairie qui abrite le bureau du maire. Notre ami sort et argumente : « nous mettons à disposition les documents sur l’écran tactile dans le hall ». Outre le fait que ce ne soit pas pratique, c’est surtout incomplet. La mairie ne répond donc pas à ses obligations légales « Chacun son métier, je ne vous dis pas quoi prendre en photo, nous choisissons de mettre les documents à disposition comme nous le souhaitons. » Pourtant, ces mises à disposition de documents sont encadrées par la loi contenue dans le Code des collectivités territoriales. Une autre lecture que nous conseillons à notre nouvel ami.

Eric Besatti

 


Ce travail a été réalisé dans le cadre d’une enquête collective sur la casse sociale et associative des mairies d’extrême droite par des équipes de journalistes du sud-est et leurs médias : Le Poing, la Marseillaise, le Collectif Presse-Papiers. Un travail soutenu par le Fonds pour une presse libre. Nous vous tiendrons informés des enquêtes de nos collègues via notre bulletin numérique et notre site internet.

Article également publié dans l’Arlésienne n°25, automne 2025 au sein d’une série d’article sur la gestion d’extrême droite de la ville de Beaucaire.

Beaucaire : l’extrême droite contre la population p. 18.
. Le RN ferme la porte aux commerces indésirés p. 20.
. Les purges associatives de l’extrême droite et ceux qui en profitent p. 26.
. Face à la presse, l’opacité p. 28.
. Beaucaire, la gamelle des identitaires p. 30.
. Pour Noël, une crèche à tous prix p. 31.
. Sous couvert de laïcité, une cantine qui discrimine p. 32.


Cet article est en libre service, mais a demandé du temps de travail.

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