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À Tarascon, le RN vire le centre social pour installer la police municipale

À Tarascon, le RN vire le centre social pour installer la police municipale

Alexandre Ducouret, maire RN de Tarascon, a décidé d’installer la police municipale dans des locaux municipaux occupés par le centre social depuis 2007. Aucune solution de relogement officielle n’a été annoncée. Une situation floue pour les salariés et qui illustre la gestion des affaires sociales par le nouvel édile.

La directrice du centre social de Tarascon le craignait déjà au printemps dernier après un premier coup porté à la structure. Après une baisse de 50% de ses subventions, la mairie lui ordonne de quitter les locaux d’ici le 14 décembre prochain. Le 9 juin, le maire Rassemblement national (RN) fraîchement élu, envoyait un courrier recommandé à l’association gestionnaire Tarascon espace emploi famille (Teef), pour l’en informer. À la place, il souhaite y installer les nouveaux locaux de la police municipale. 

« Il fallait un préavis de six mois, la municipalité n’a pas cherché à attendre », regrette la directrice Rodica Rapcea qui aurait apprécié un délai plus long, le temps d’étudier des solutions de relogement et trouver des financements complémentaires. 

L’équipe de Teef est composée d’une cinquantaine de personnes qui assure des missions variées allant de l’accompagnement scolaire, à l’insertion, en passant par la culture et l’aide à la parentalité. Depuis 2007, les travailleurs sociaux accueillent les familles, les enfants et les habitants dans des locaux municipaux mis à disposition gratuitement par l’ancienne majorité, via une convention d’un an renouvelable. Depuis bientôt vingt ans, les employés et les bénéficiaires y ont leurs habitudes.

Dans le courrier du 9 juin, le maire Alexandre Ducouret précise que la convention ne l’oblige pas à trouver une solution de relogement mais que les services « travaillent actuellement à des solutions ». Actuellement, le centre social dispose de 338 mètres carrés de surface dont dix bureaux, cinq espaces communs et une salle informatique disposant d’ordinateurs pour les démarches des usagers.

Le directeur général des services de la Ville s’est donc rendu sur place pour rencontrer la directrice le 28 juillet et a proposé à l’oral une relocalisation dans le quartier Kilmaine. Une proposition que l’association Teef a voulu approfondir.  Elle a demandé plus de détails par un mail adressé à la mairie, que l’Arlésienne a pu consulté.

Silence radio
Depuis ces demandes de précisions, c’est silence radio malgré trois relances par mail. La mairie ne répond plus. À deux mois de l’échéance les salariés ne savent toujours pas où ils vont atterrir.
« On n’a même pas fait de visite de site. Tout ça reste très ambigu », déplore-t-elle. L’Arlésienne a, elle aussi, tenté sa chance auprès du secrétariat, par texto et par appel. Le maire ne répond pas.

« La Préfecture et la Caf me disent que le maire attend une réponse de notre part. J’ai l’impression qu’il donne une version différente à chaque interlocuteur », s’étonne la directrice Rodica Rapcea.

Autre question en suspens : le loyer. Si le centre social se retrouve à devoir en payer un, cela impactera forcément ses finances. « Notre budget est important mais pas excédentaire. On n’a pas 5000 euros de côté », pointe la directrice qui témoigne d’une équipe « inquiète ». Pour le centre social, le risque est de devoir réduire les activités et licencier du personnel. Comme nous le racontions en juin dernier, l’association avait déjà vu sa subvention de la Ville de Tarascon réduite de moitié.

Si la structure ne fermera pas nécessairement ses portes, ce changement de lieu interviendrait en plein hiver et avant les fêtes de Noël : une période où les activités sont les plus importantes. De quoi déstabiliser les équipes mais aussi les bénéficiaires.

Suzanne Leenhardt avec Nicolas Malarte

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