Le marathon créatif destiné à trouver des solutions écolos sur le pays d’Arles a eu lieu du 6 au 8 avril 2018. Chaque équipe avait 48 heures pour créer un prototype de projet. Le résultat ? Des projets pour réduire les déchets, répandre le co-voiturage etc… Du pur jus de cerveau dont voici quelques jaillissements.

S’enfermer un dimanche après-midi pour écouter des gens parler ? Heureusement que le scénario proposait une seule heure d’exposés puis le buffet direct après… Affamés, nous arrivâmes à l’enclos Saint-Césaire pour le rendu de ce fameux “Green mix”.

Mais aussi parce que l’idée est intrigante : rassembler des personnes pendant deux jours et demi pour « inventer des actions innovantes pour faire avancer la transition écologique », posait la plaquette d’inscription. Pour encadrer les volontaires, plusieurs experts. Un chef de projet du Plan Climat du Pays d’Arles, un facilitateur graphique. Mais on va vite passer sur cette méthode d’accouchement des idées, de “design thinking”, les cours rapides en marketing, communication, outils collaboratifs, modèles économiques… « C’était hyper intéressant », confie Sébastien, un des 16 participants que l’on va croire sur parole. De toute façon, on n’y était pas.

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Schéma du design thinking

Dans la salle du cloître Saint-Césaire, c’est l’heure des restitutions. Les murs blancs et la partie en pierres apparentes créent une atmosphère très start-up compatible. Les groupes se suivent, sept minutes chacun, pas plus… même si l’ambiance bienveillante autorise quelques débordements. Comme à tous les visiteurs de ce dimanche, on nous propose de participer à un jury citoyen pour choisir les meilleurs projets. C’est parti.

Les Very Important Mixeuses, imaginent une mallette à destination des entreprises pour inciter aux éco-gestes. Un accompagnement pour les petites et moyennes structures qui n’ont pas de service dédié à la Responsabilité sociétale des entreprises. Pour inciter au tri, pratiquer le compost, organiser des co-voiturages…

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L’équipe des Very Importantes Mixeuses

La Miam-Box Team imagine des emballages pour les commerces de bouche du centre-ville. Des ustensiles consignés que les clients restitueraient après leur utilisation. Une manière de lutter contre les déchets. Mais attention sur l’aspect pratique, le groupe promet de cibler en priorité les « snacking haut de gamme, on ne va pas s’attaquer au kébab tout de suite ». En plein anniversaire de mai 68, on serait tenté de crier au mépris de classe. Mais c’est un peu gratuit.

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Les Miam Box, lauréates du prix citoyen voté par le public.

Le groupe “Le lien vert” imagine un site internet annuaire-agenda-plateforme. Un carrefour des initiatives autour du développement durable pour faire connaître à tous les citoyens au-delà du cercle militant. Le projet promet déjà une date le 7 juin pour réunir tout ceux intéressés. « En gros vous aller faire le site d’Arles en Transition », se permet un insolent dans le public. Effectivement, des initiatives dans le même ton existent déjà sur l’espace public mais sans l’aspect participatif et de mise en lien, sans les dossiers thématiques d’information sur la transition. A voir…

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L’équipe du Lien Vert

Ensuite vient Julien qui forme un groupe à lui tout seul. Pour habituer les enfants à trier, il passe par le jeu avec un remake de Pokémon Go où l’on gagne des points à recycler et mettre des ordures dans les poubelles de la ville. Baptisée Gob’Arles, son idée est magnifiquement servie par une éloquence entre le stand-up humoristique et la présentation power-point créative.

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Julien du projet ludico-éducatif Gob’Arles

Viennent les Simones. L’idée est de dynamiser le co-voiturage au niveau local. « On croise souvent les mêmes voitures le matin quand on va au travail », commence Amandine. Avant de prolonger l’idée: il s’agit de transformer chaque voiture en une navette collective. Au dos du véhicule, le trajet fréquent serait noté. Un Blablacar où les gens entreraient d’abord en contact visuel dans la vraie vie. Les conducteurs au feu rouge, au rond-point ou dans les bouchons pourraient se donner l’envie de faire un bout de route ensemble. En voiture Simone !

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Les Simones ! Lauréat du prix du jury.

Enfin, l’Estafette avec amour souhaite apporter une cuisine ambulante et de l’éducation à la nutrition, au compost partout sur le territoire, sur les marchés jusque dans les villages en passant par les quartiers populaires. Une idée qui ressemble de loin à ce qui existait à Griffeuille avec Solid’Arles. En itinérant.

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Les trois membres d’Estafette avec amour

Après des débats, où les arguments, les goûts et les couleurs de chacun se sont affichés, le jury de professionnels a choisi l’idée de covoiturage avec En voiture Simone ! Et le jury citoyen a choisi la Miam Box, le système de consigne pour le commerce de bouche.

C’est bon, on peut aller vers le buffet. Les discussions s’enflamment à mesure que le cubi de blanc descend. Les participants et les visiteurs évoquent la suite à donner, des contacts sont pris… Les projets vont continuer leur route.

Sur le plan institutionnel, le Pôle Culture et Patrimoines, association chargée d’animer ces filières économiques, basé à Arles et financé par les collectivités, a rempli son objectif avec une opération financée entièrement par l’ADEME (Agence de l’environnement et de maîtrise de l’énergie, un établissement public, dans le cadre du Plan Climat (porté par le ministère de la transition écologique et solidaire) et en lien avec le PETR du Pays d’Arles.

Les participantes (elles étaient majoritaires) repartent vers leurs différents horizons : quatre ou cinq personnes membres de Zéro waste Provence, une association de sensibilisation à la gestion des déchets, des membres de la communauté Sudmix, qui font des week-ends pour inventer le musée de demain, des professionnels du design, de la communication, une paysanne, un développeur informatique sans oublier des curieux arlésiens écolo-compatibles. Ce week-end là des Marseillaises, Avignonnaises, Niçoises, Saint-martinoises, Nîmoises et même une participante depuis Chamonix ont fait le déplacement ! Du pied du Mont-Blanc à Arles, pour prendre de la hauteur…

Eric Besatti