Qui Valat ?

La Tour du Valat a un statut un peu particulier parmi les gestionnaires de l’environnement camarguais. Elle est issue d’une initiative privée, celle de Luc Hoffmann, héritier des laboratoires pharmaceutiques Hoffmann-La Roche. Dès les années 1950, il décide de s’investir pour la Camargue en créant une fondation. Aujourd’hui, l’œuvre se poursuit avec son fils André.

En France, la protection de l’environnement, c’est plutôt une affaire publique. Mais la Tour du Valat fait exception avec un « modèle très anglo-saxon », confirme son directeur Jean Jalbert à la tête de 2 921 hectares en plein cœur du Parc naturel régional de Camargue. « Mieux comprendre les zones humides pour mieux les gérer », disait Luc Hoffmann son fondateur. Arrivé en Camargue en 1954, il crée la structure dans la foulée. Aujourd’hui, 65 équivalents temps plein, principalement des chercheurs qui y travaillent pour un budget annuel de 5,5 millions d’euros.

Pionnière dans la mise en valeur du rôle clé des zones humides dans la préservation de la biodiversité, elle joue un rôle international avec la convention Ramsar dès 1971 et abrite aujourd’hui le siège de Wetland international (zones humides internationales). Au niveau local, les études de la Tour du Valat alimentent la réflexion pour les orientations des politiques publiques. Par exemple, pour gérer l’ouverture des vannes entre la mer et les étangs camarguais, elle a modélisé toutes les réactions en fonction de la pluie, du vent, de l’irrigation des rizières. Même les pêcheurs les plus revêches du fond des Saintes-Maries-de-la-Mer reconnaissent la pertinence des études réalisées et l’autorité scientifique de l’institut. Alors imaginez à l’international !

Bref, la connaissance scientifique de la Camargue doit une fière chandelle à la Tour du Valat. Pour certains, c’est même elle qui est à l’origine de la gestion environnementale de la Camargue. Par son dynamisme, la Tour a précédé l’action des pouvoirs publics. Création du Parc naturel régional en 1970, classement du Vaccarès en réserve Nationale en 1975…

La Camargue peut dormir tranquille avec cette institution qui, c’est appréciable, a été d’une transparence remarquable avec l’Arlésienne. Après notre rencontre, André Hoffmann a pu néanmoins avoir quelques sueurs nocturnes. Car si son importance est incontestable, la Fondation de la Tour du Valat n’est pas sans son lot de paradoxes gênants…

Entretien réalisé par Eric Besatti et Paul Ferrier


« Nous, on veut faire partie de la solution, pas du problème »

L’Arlésienne : Vous êtes le président de la Tour du Valat et vous êtes aussi à la tête du pacte d’actionnaires familial du laboratoire pharmaceutique Hoffmann La Roche. On peut dire que vous faites partie des hommes les plus riches du monde.
André Hoffmann : (Il hoche la tête) On peut le dire.

Comme votre père avant vous, vous avez été vice-président du WWF International, plus grosse ONG environnementaliste mondiale.
Votre père Luc Hoffmann, fondateur de la Tour du Valat et du WWF, est une des légendes de l’écologie.
Ça, on peut vraiment le dire.

Votre père arrive à la Tour du Valat dans les années 1950, alors que ce n’était qu’une cabane de chasse. C’est devenu un laboratoire mondialement reconnu sur les zones humides. Quel regard avez-vous sur ce qui est accompli ici pour la Camargue ?
Mon père était ornithologue. Il est venu ici par amour pour les oiseaux. En particulier pour les oiseaux migrateurs. Il est venu étudier les goélands et il a trouvé cela suffisamment passionnant pour s’y installer. A un âge très jeune. Il avait 25 ou 27 ans.

C’est vrai qu’il mettait des oiseaux dans sa baignoire quand il était petit ?
Oui, quand il était sur le Rhin à Bâle. Mais, là, c’était des mouettes. C’est une anecdote que sa mère racontait souvent et qu’évidemment, je n’ai jamais pu vérifier (rire).

Prendre la suite de la Tour du Valat, pour vous, c’était naturel ?
Je suis né ici, je suis né dans le marais. Donc, oui, cela me paraissait assez naturel.

Dans l’esprit collectif, quand on dit Tour du Valat, on pense tout de suite aux flamants roses et à leur protection.
On pense souvent aussi aux moustiques (rire). Mais absolument, c’est une espèce emblématique. Les zones humides ne sont pas très respectées, pas très connues, pas très aimées. Si on veut changer les attitudes, il faut des histoires à raconter. Et le flamant rose, c’est une belle histoire.

Est-il vrai que la Tour du Valat a réussi à supprimer le passage des avions de chasse de la base d’Istres au-dessus de la Camargue pour ne pas gêner les oiseaux ?
Il y a une période extrêmement cruciale de la nidification du flamant rose qui dure environ six semaines, pendant laquelle le dérangement doit être minimisé. Les avions à réaction qui venaient passer le mur du son au-dessus de la Camargue, c’était effectivement un dérangement. Et oui, à l’époque, on a eu des conversations assez poussées qui sont remontées jusqu’à Paris. On a mis en place un système pour qu’ils ne passent pas là pendant six semaines.

Pour dire cela à une base militaire, il faut un sacré pouvoir d’influence.
Oui mais attention, l’armée, c’est nous qui la finançons. Nous tous. Donc c’est assez normal qu’ils écoutent ce qu’on dit, non ? Vous n’allez pas me dire que c’est secret défense de passer au-dessus des flamants. S’il y a eu influence, c’est sur le fait que nous puissions démontrer que ces six semaines étaient cruciales. Et donc, il y a une négociation qui peut se mettre en place entre la force publique et la science.

La Tour du Valat a un budget de 5,5 millions d’euros. 50 % sont abondés par la fondation Mava, créée par votre père grâce aux dividendes de la firme Hoffmann-La Roche. Et 14 % par la fondation Pro Valat.
La différence entre ces fondations, c’est que la fondation Mava a un cycle annuel de financement et la Pro Valat c’est un fonds fiduciaire. Donc, un fonds dédié : de l’argent qui est en banque dont le revenu sert à faire travailler la Tour du Valat. Et j’imagine que c’est un petit peu une tentation d’immortalité, se dire qu’il y aura toujours suffisamment d’argent sur ce compte pour payer les 50 % du budget.

Qu’on comprenne bien, à la fondation Pro Valat, il y a de l’argent sur un compte et on le fait fructifier en bourse.
La bourse, c’est une partie des activités, il y en a beaucoup d’autres.

C’est de la spéculation ?
Pour moi spéculer, c’est générer de la valeur qui n’est pas garantie. Là, ce n’est pas le but. Ce qu’on essaye de mettre en place, c’est exactement l’inverse. C’est une stratégie d’investissement qui est aussi stable que possible. Ce qui nous intéresse, c’est vraiment le long terme. On ne va pas faire des coups de bourse.

Comment se matérialisent ces investissements, y a-t-il une éthique ?
Il y a un règlement qui a été approuvé par le conseil d’administration. On a pris l’avis de plusieurs spécialistes de l’économie verte, notre trésorier est lui-même un gestionnaire de fonds spécialisé dans l’investissement vert avec pas mal de succès.

Donc vous n’investissez pas dans des entreprises qui polluent ? Exemple tout bête : pas d’investissements chez Monsanto pour financer Pro Valat ?
Monsanto c’est un petit peu le plus mauvais exemple que vous pouvez trouver.

Oui mais c’est marquant …
L’important c’est cette durabilité, une entreprise qui …

Attendez, vous ne nous dites pas non ?
Je change de sujet, laissez-moi changer de sujet (rire).  Une entreprise à court terme, comme Monsanto, c’est une entreprise qui dit : « Nous allons vous garantir que la récolte de l’an prochain sera bonne. Parce que nos pesticides empêcheront les mauvaises herbes de venir. » Par contre dans 30, 40 ou 50 ans, peut-être que la terre sera vraiment épuisée à cause de ça. La logique Monsanto, la logique industrielle, c’est : on y pensera plus tard. Et la logique verte c’est de dire : « Il vaut mieux y penser maintenant. » Si tu ne résous pas le problème aujourd’hui, il sera plus grave demain.

Donc, il n’y a pas de Monsanto dans Pro Valat.
(Rire) Euh, non.

Il y a quand même des critiques contre la finance verte. Notamment sur le principe de la compensation écologique : pouvoir détruire un endroit si on en conserve un autre.
Ecoutez, en tant que trésorier du WWF international pendant une vingtaine d’années, je peux vous dire que ce qui m’a toujours le plus sidéré, ce sont les entreprises qui coupent la forêt pour faire de l’argent et qui ensuite viennent et nous paient pour qu’on la replante. C’est aberrant. Ça défie toute logique. L’important ce n’est pas comment vous dépensez l’argent, c’est comment vous le faites.

Une des théories de la finance verte c’est de donner un prix à la nature, vous êtes d’accord avec ça ?
Au cours du dernier siècle, une des raisons de la destruction de la nature, c’est son absence de prix. L’air frais, l’eau propre, le bois, tout cela a été gratuit. Pour parler en termes économiques, si ces externalités avaient été incluses dans le processus de création de valeur, on n’en serait pas là où on en est maintenant.

C’est contesté comme façon de voir les choses.
Je sais bien, mais là, mon opinion est claire. Il faut le faire.

Quand on donne un prix aux choses, cela veut dire qu’on peut les acheter ?
Cela veut dire qu’on peut les protéger aussi. Si vous me dites que tout le monde a le droit à l’eau propre, je suis d’accord avec vous, mais cela n’a pas marché. La moitié de l’Afrique souffre de dysenterie parce qu’il n’y a pas d’eau propre. Alors que cela a un coût de nettoyer l’eau.

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Revenons à la Tour du Valat. Il y a aussi des mécènes, des partenaires privés qui financent les actions du domaine. Nous en avons compté 21 sur votre site internet. Il y a des fondations, des groupes bancaires comme la HSBC et la Caisse d’Epargne. Il y a aussi Vinci Autoroute, Coca-Cola. Et même de l’industrie pétrochimique : l’Américain LyondellBasell et le Français Total. Coca-Cola, Total, cela ne représente pas vraiment ce qui se fait de mieux en termes d’écologie. Et pourtant, vous accolez leur logo sur la Tour du Valat.
Oui (il lève les yeux au ciel). Une entreprise a une responsabilité environnementale au même niveau qu’un citoyen, qu’une ONG ou qu’autre chose. Si la fondation Total, qui n’est donc pas Total groupe, décide de venir faire un projet avec la Tour du Valat, c’est parce qu’ils croient qu’ils peuvent influencer la situation dans laquelle ils s’engagent, de manière durable et de manière efficace. Moi, je suis assez fier du fait que nous puissions être suffisamment objectifs et suffisamment ouverts pour travailler avec des gens qui veulent contribuer à l’un des buts de notre institution. Nous essayons de sauver les zones humides méditerranéennes, si la Fondation Total veut que nous les aidions à faire un projet spécifique et que cela correspond à notre programme, je ne vois pas pourquoi on ne travaillerait pas avec eux.

Le paradoxe nous interpelle.
Le fait que Total réfléchisse à son futur, que Total se pose la question : « Où serons-nous une fois qu’il n’y aura plus de pétrole à exploiter ? » IIs ont le courage de faire quelque chose pour l’environnement. C’est un réflexe positif.

En mai 2012, l’émission Cash Investigation abordait la question du greenwashing. Elise Lucet, la journaliste de France 2, était venue voir le directeur général du WWF France, Serge Orru à l’époque. Elle était venue lui demander pourquoi l’ONG avait labellisé le Crédit Agricole alors que celui-ci investissait dans des forages pétroliers en Arctique et dans du nucléaire en Inde. D’ailleurs, petite parenthèse, le WWF dont vous êtes le vice-président, avait tenté par voie de justice d’interdire la diffusion de ce reportage.
(Il souffle) D’abord, juste pour corriger un truc. J’ai démissionné au premier janvier du WWF. J’y suis resté pendant 22 ans mais j’ai démissionné.

Dans cette vidéo Serge Orru, embêté par la question d’Elise Lucet, finit par dire « Il y a une liste noire chez nous. Il y a des entreprises avec lesquelles on ne peut pas travailler. Il y a le pétrole, il y a le nucléaire ». Le WWF dit qu’il ne peut pas travailler avec le pétrole. Ce n’est pas pareil ici, à la Tour du Valat ?
Non, ce n’est pas pareil ici. Il y a une grande différence. Nous avons une grande flexibilité. Nous avons une indépendance qui nous est garantie par le fait que nous avons un budget qui est financé. Lorsque M. Orru parle à la caméra, il sait que le WWF, globalement, c’est cinq millions de membres. Cela veut dire que s’il dit quelque chose comme ça, il le dit pour ses membres. Il n’aura pas le temps, ni l’écoute de ses membres, pour expliquer pourquoi une entreprise responsable peut-être aidée à changer ses pratiques.

Total, responsable ?
Total responsable ! Pourquoi est-ce que Total…

Total investit douze milliards d’euros pour extraire des sables bitumineux au Canada. L’usine a ouvert cette année. C’est la façon la plus polluante d’extraire du pétrole. Une étude explique même que si l’extraction des sables bitumineux au Canada se poursuit, les objectif de l’accord de Paris sur le climat ne pourront pas être atteints…
Et j’y souscris entièrement. Oui, ce n’est pas une bonne idée de la part de Total de faire ça. Est-ce que cela veut dire qu’ils sont pestiférés ?

Vous nous dites qu’ils sont responsables …
Nos partenaires auprès de la Fondation Total sont des gens qui ont un budget qui est à disposition pour du travail de conservation en local. Alors, vous pouvez me dire que c’est peut-être la théorie des trois singes qui n’écoutent pas. (Il se cache les yeux, la bouche et puis les oreilles avec les mains.)

Ce qu’on vous dit, c’est que c’est paradoxal. On a l’impression que cela ne colle pas.
La Fondation Total est un partenaire de la Tour du Valat depuis de nombreuses années. C’est notre partenaire privé de plus long terme. Le travail que nous faisons est un travail qui a de la valeur, que nous pouvons démontrer. Nous avons publié des articles grâce à eux sur la conservation des zones humides. Le fait que la direction générale du groupe, après avoir abondé la fondation, décide de faire autre chose… On n’a pas les moyens de contrôler ça.

A cette question, nous pensions que vous alliez nous répondre par la théorie du WWF : « Si on veut faire avancer les choses, il faut qu’on soit dans la machine. »
C’est ce que je viens de vous dire.

Mais quand on voit l’urgence dont tous les scientifiques nous parlent, on a l’impression que le temps de la réforme commence à être vraiment court. Votre père disait justement « Je suis un négociateur », pas un révolutionnaire. Et que travailler avec ces entreprises et leur demander de changer leurs process à la marge, en leur disant : « Les gars, on met un filtre à particules sur nos cheminées d’usine », ça ne colle pas avec le timing qu’il faut avoir avec le réchauffement climatique.
Moi j’ai la chance, le privilège ou peut-être la malédiction d’être des deux côtés de la barrière. Je suis au conseil d’administration de quelques grandes entreprises internationales et je m’occupe beaucoup d’ONG, je m’occupe beaucoup de conservation. Je fais le grand écart.

D’un côté, je vois très bien le problème de Total. Total a un modèle d’affaires qui va rapidement disparaître parce qu’extraire du pétrole, un jour ou l’autre, cela va s’arrêter dans une planète finie. Mais l’utilisation d’énergie dans la création de valeur, dans le système, est importante. Ils ont donc un travail à faire de ce côté-ci. D’un autre côté, je dois aussi voir l’équilibre du budget de la Tour du Valat qui doit se baser sur des partenaires extérieurs à la Fondation, de manière à vraiment représenter ce que l’humanité veut. Les deux choses ne sont pas incompatibles. Une chose est certaine, c’est que le futur est basé sur la stabilité du système. Et si on a un système instable, il ne survivra pas.

Êtes-vous capable, quand vous recevez les actionnaires de Total venant faire du tourisme vert ici, de faire infléchir la politique de l’entreprise pétrolière ?
Je vais vous donner une réponse peut-être un peu arrogante. Il y a une organisation qui regroupe les plus grand chefs d’entreprises de la planète, qui s’appelle le Forum mondial de Davos. Il y a 3 500 membres. Ces 3 500 membres sont consultés une fois par an sur : « Quel est le plus gros risque d’affaires pour vous ? » Il n’y a pas très longtemps, on parlait de système, de géopolitique, de risque financier. Cette année, les trois plus grands risques sont des risques environnementaux. Total a répondu à ce sondage en disant que pour eux, l’important, c’est d’arriver à gérer les conséquences du réchauffement climatique. Dont ils sont une des causes, on est bien d’accord. Cette entreprise a identifié ça comme grand risque et va essayer de se positionner de manière différente dans le futur. Alors est-ce qu’il vont passer de noir carbone à blanc virginal le même jour ? Non ! Mais il y a une réflexion.

Noir et blanc, cela fait très panda.
Nous disons au WWF, une fois qu’on est né panda on reste panda. Mais le panda a aussi des dents. Il ne fait pas que sourire.

Sans doute. On va parler de corne puisque vous nous parlez de dent. Peut-être avez-vous entendu parler récemment d’une étude sortie par une association de Fos-sur-Mer, sur les polluants des usines qui viennent contaminer les aliments locaux via l’air.
Oui oui, j’ai vu ça.

Parmi les aliments contaminés : du taureau AOP Camargue. Taureau que vous élevez à la Tour du Valat. Et la Tour du Valat est financée par Total qui a une raffinerie à la Mède et par LyondellBasell qui a deux sites autour de l’étang de Berre. On s’est dit : « C’est le taureau qui se mord la queue… »
Bon bah voilà.  Vous avez démontré une fois de plus l’irrationalité que nous sommes en train d’essayer de faire. Qu’essayer de développer une vision durable de la gestion des zones humides dans un environnement dominé par les grands acteurs de l’économie, n’est pas une bonne idée. Bon d’accord. Il faut bien qu’on fasse quelque chose non ? On va quand même pas rester assis sur nos mains. On veut changer la planète.

Nous, on veut faire partie de la solution, pas du problème. L’idée de commencer à travailler avec LyondellBasell, avec Total, pour faire des petits incréments d’amélioration, cela me paraît mieux que de juste critiquer. Ce sont des réflexions sur lesquelles on s’est beaucoup engagé. Ici à la Tour du Valat, pas tellement parce que c’est quelque chose de local mais au niveau du WWF on y a évidemment passé beaucoup de temps. Comment est-ce qu’on peut demander à l’industrie de changer ses pratiques ? Comment est-ce qu’on arrive à créer ce monde futur ? Eh bien pas en restant assis, en disant cela n’existe pas. Il faut le faire progresser.

Puisque vous parlez du WWF, on s’est aussi intéressé à son histoire. Et quand on regarde l’histoire du WWF, de ses fondateurs et des hommes qui sont autour, ce sont des industriels, des aristocrates …
Et des chasseurs.

Nouveau paradoxe. Le WWF est plein de gens compétents qui travaillent et qui font des choses bien. Et il y a quand même pas mal d’affaires dans lesquelles le WWF a été accusé, par exemple, de pratiques néo-colonialistes. On vous a aussi sorti des photos. Je vais vous montrer le troisième président du WWF …
Le Prince Philipp avec sa photo avec le tigre. Ça va, je l’ai vu quoi. C’est bon.

Le prince Bernhard des Pays-Bas pareil, le deuxième président M. Loudon, un des fondateurs du pétrolier Shell.
Oui, mais vous ne pouvez pas contester que le WWF a eu un effet positif sur l’environnement mondial. Est-ce qu’il est interdit de penser au bien commun parce qu’on fait partie d’une élite ?

C’est peut-être une vision faussée par le fait que quand on cherche sur le WWF et autour de ses personnages fondateurs, on tombe très vite sur des sources et des théories conspirationnistes. Et encore pire quand on regarde le Prince Bernhard, le premier président du WWF et qu’on part en direction du Bilderberg. Vous savez ce que c’est que le Bilderberg ?
(Sourire) Oui, je sais ce que c’est.

Un club élitiste, d’Occidentaux libéraux, fondé pendant la guerre froide et qui, aujourd’hui encore, se réunit chaque année dans le secret. En tirant ce fil-là, on s’est dit qu’il fallait qu’on vous en parle pour être rassuré. Que vous nous disiez : « Non, ces gens-là ne sont pas en train de détruire le monde tout en disant au grand public qu’ils vont le sauver ! »
Bon, je comprends bien les théories conspirationnistes : pourquoi est-ce qu’on est dans le caca ? Parce qu’il y a des gens qui ont voulu nous y mettre.

Sur quoi on peut se mettre d’accord ? Que ça ne va pas assez vite quand même ?
Franchement, les signes sont plutôt positifs en ce moment. Les gens qui gèrent les plus grandes entreprises de la planète, en tout cas ceux que je connais, commencent à me dire oui, effectivement, il y a un problème, on ne peut pas continuer comme ça. Il faut que ça change et il faut que ce soit nous qui engagions le changement.

Merci beaucoup de nous avoir répondu même si on vous a un petit peu embêté… Ça ferait une super fiction toutes ces histoires.
Mais là vous retournez dans le conspirationnisme.

Oui, parce que cela fait une super fiction !