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Enfin le procès face à l’extrême droite… et les enquêtes continuent

Enfin le procès face à l’extrême droite… et les enquêtes continuent

Le procès intenté contre l’Arlésienne et Streetpress devrait enfin se tenir le 27 mai 2026 après trois reports. Notre journal a été attaqué par l’extrême droite beaucairoise : la mairie et les deux maires successifs Julien Sanchez, n°3 du RN, et Nelson Chaudon. Une plainte a été déposée en décembre dernier contre une de nos enquêtes sur l’extrême droite municipale. Depuis, la rédaction continue ses investigations sur le Rassemblement national au pouvoir municipal.

Plus de quatre mois sont passés depuis la date prévue dans la première assignation à comparaître. Fin décembre 2025, Nelson Chaudon, maire RN de Beaucaire, Julien Sanchez ancien maire et vice-président du parti d’extrême-droite ainsi que la mairie de Beaucaire attaquaient en justice l’Arlésienne ainsi que Streetpress en diffamation. Après trois reports, le procès en référé devrait finalement avoir lieu le 27 mai 2026, devant le Tribunal judiciaire de Nîmes. 

En septembre 2025, dans l’Arlésienne n°25, nous avions publié plusieurs enquêtes sur les pratiques de la mairie de Beaucaire, ville conquise par le parti d’extrême-droite depuis 2014. En plus d’avoir fait de l’installation d’une crèche de Noël dans la mairie un combat malgré les condamnations, ou encore d’imposer du porc dans ses cantines, c’est notre enquête sur la politique discriminatoire de sélection des installations de commerces qui n’a pas plu à la Mairie (lire À Beaucaire, le RN sélectionne les commerces à son goût). Nous expliquions notamment que « certains commerces sont encouragés, tandis que d’autres, tenus par des Maghrébins ou des Latino-Américains, se voient systématiquement exclus ».  

Sans que ni Julien Sanchez, ni Nelson Chaudon ne nous aient répondu pour cet article, les deux élus et la Mairie nous ont donc attaqué en justice pour diffamation. Pour se défendre, l’ancien maire, désormais député européen se justifiait auprès de France 3 de n’avoir «  jamais été condamné pour cela ». 

Arrêtés illégaux et recrutement d’identitaires
Pourtant, en 2014, lors de la campagne des municipales, Julien Sanchez expliquait à BFM qu’une fois élu « la Mairie fera jouer son droit de préemption pour éviter que les commerces communautaires ne s’installent. On a quand même quatre kébabs dans le centre historique… ». Trois ans plus tard, en 2017, le Tribunal administratif de Nîmes avait annulé deux arrêtés de la Mairie, du 6 et 17 juin 2015, réglementant l’ouverture tardive d’épiceries et de commerces des rues Nationale et Ledru-Rollin. Des mesures discriminatoires selon des commerçants d’origine maghrébine. À l’époque, Julien Sanchez justifiait cela par la tranquillité, la salubrité et la sécurité publique ; le Tribunal lui, a cassé les arrêtés car les mesures étaient non proportionnées et portaient atteinte à la liberté du commerce et de l’industrie.

Pour mieux comprendre l’ambiance de la gestion du RN à Beaucaire, il y a aussi des postes offerts à des identitaires, notamment des anciens du groupuscule d’extrême-droite dissous en 2021, Génération Identitaire. Nous listions notamment le passage de Damien Rieu, un ancien cadre GI, à la direction de communication de la mairie entre 2015 et 2018, tout comme Clément Martin de 2017 à 2018. Comme eux, Peter Sterligov, autre identitaire condamné pour violences contre l’ONG SOS Méditerranée, a aussi été employé par la Mairie à partir de 2014 comme directeur des services opérationnels. 

Enquêter toujours
Si ce genre de procédure vise à décourager et à nous faire perdre de l’argent, les enquêtes, elles, ne s’arrêtent pas. En avril 2026, nous avions révélé les méthodes et orientations de la police municipale beaucairoise dans l’Arlésienne n°27. Deux agents avaient notamment identifié par vidéosurveillance et retrouvé en pleine nuit des habitants qui avaient craché sur des affiches du RN, pour ensuite les forcer à nettoyer leurs crachats, au son des « Faites-le moi briller mon Jordan ! ». 

Le travail est loin d’être fini donc. À la suite des municipales de 2026, de l’autre côté du Rhône, la mairie de Tarascon est elle aussi tombée dans les mains du RN. Et la rédaction entend poursuivre et intensifier son suivi sur l’extrême droite dans ces deux municipalités.

Des tâches qui demandent du temps et de l’argent pour notre équipe de journalistes, mais pas que. Alors, si vous souhaitez que l’Arlésienne puisse se défendre lors des procès et continue à informer sur l’extrême droite, n’hésitez pas à faire connaître notre travail et à nous soutenir par un don ou un abonnement. Nous en avons besoin et c’est avec vous que peut vivre la presse libre et d’enquête !


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