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Portfolio : une arène dans le ciel

Portfolio : une arène dans le ciel

Dans les gradins de l’amphithéâtre, les visiteurs sont d’abord étonnés. Puis, ils s’arrêtent volontiers sur le spectacle qui se déroule sur la piste : les étirements et les répétitions de la compagnie Gratte-ciel en pleine création depuis le 15 octobre. Sur le sable, l’ambiance est mi-studieuse, mi-détendue. Studieuse, parce que c’est la deuxième et dernière semaine de création. Et elle est bien remplie : installation du système son, arrivée des danseuses soufies et des acrobates, répétitions, découpage et filage des numéros. Tout doit être prêt pour la sortie de résidence : une restitution ouverte au public, ce sera ce vendredi 30 octobre 2020 à 16 h.

Si le nom de la compagnie ne vous dit rien, vous avez pourtant déjà dû les voir s’élancer dans les airs, déversant des plumes blanches au-dessus de la place de la mairie pour Drôles de Noëls, festival des arts de la rue, en 2013 et en 2017. Cette compagnie créée en 2013 et menée par Stéphane Girard est implantée depuis ses débuts à Arles, dans les hangars de la zone Sud, celle près du pont Van-Gogh. Leur credo : les spectacles aériens au sein de l’espace public et ce, partout dans le monde.

La compagnie Gratte-ciel a, depuis le 15 septembre, installé ses câbles pour une résidence aux arènes. Les blocs de béton disposés autour de l’amphithéâtre pour lester la structure l’attestent : la situation est exceptionnelle. C’est que l’année, elle aussi, est spéciale. Tous les spectacles programmés tout autour du globe sont tombés à l’eau, alors utiliser ce temps pour créer, ici, s’est imposé par plaisir et nécessité. « On s’est dit, y a un truc à faire en plus de notre travail à l’année dans nos ateliers, on va partager notre temps de création et l’ouvrir à la ville », explique Camille Beaumier, responsable de la production artistique. Et ce n’est pas souvent que le processus de création est ouvert au public. Pourtant, comme le souligne la responsable, « ce lien avec le public dès les prémices de la création est important ». Les retours et les premiers avis serviront à faire évoluer le spectacle.

Le titre est encore provisoire, Totem, mais le spectacle est déjà pré-programmé l’année prochaine en France (Albi, Charleville-Mézières), en Angleterre (Londres, Coventry, Stockton-on-Tees), aux Pays-Bas (Deventer) et au Danemark (Vordingborg).

Avec la subvention exceptionnelle de 15 000 euros et la mise à disposition de l’amphithéâtre dont a bénéficié la résidence, la Ville apparaîtra au générique des producteurs du spectacle. Une production arlésienne à plusieurs titres puisque le Cargo de nuit est aussi partenaire, avec le prêt de sa salle pour les répétitions de la création de la bande son. De son côté l’entreprise Bloc béton sud a quasiment offert la mise à disposition des 40 tonnes de lest. Enfin, Idzia, la boîte événementielle son et lumière, a prêté le matériel à l’œil et s’inscrit sur le long terme pour accompagner le spectacle. Quand les temps sont durs, les coudes se serrent.

Avec Ilotopie et ses Jardingues cet été aux Papeteries Etienne, c’est la deuxième compagnie arlésienne au carnet de commandes international qui propose, dans la ville, grâce à une subvention, un temps de création. Pour se rapprocher de leur territoire, mais aussi pour continuer, pendant cette période très spéciale, à toucher terre financièrement.

Texte et photos : Marie-Océane Dubois.

 

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