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La Mairie de Beaucaire, Sanchez, Chaudon déboutés de leur attaque contre l’Arlésienne

Nelson Chaudon, maire, Jordan Bardella et au fond Julien Sanchez, député européen, ancien maire et nouveau directeur de campagne pour les présidentielles du RN, ensemble lors d’une visite de Beaucaire. Ph. E.B.

L’ordonnance du référé rendue le 8 juillet 2026 déboute les élus RN Julien Sanchez, Nelson Chaudon et la Mairie de Beaucaire de leurs demandes de condamnation en diffamation de l’Arlésienne et Streetpress. Les journalistes de l’Arlésienne avaient enquêté sur la politique d’attribution des commerces de la Mairie de Beaucaire.

La Mairie de Beaucaire et ses deux maires RN successifs ont été déboutés par le tribunal judiciaire de Nîmes le 8 juillet. Le résultat de l’audience qui s’était tenue le 27 mai. Concernant l’attaque en diffamation contre notre enquête sur la politique d’attribution des locaux commerciaux, le juge des référés a estimé que « le caractère manifestement illicite du trouble n’est pas caractérisé », « l’exception de bonne foi constituant en l’espèce un caractère sérieux ». En clair, le juge a considéré notre enquête suffisamment sérieuse pour ne pas la juger comme manifestement diffamatoire. 

Le juge des référés n’a pas voulu entrer dans le débat de « la réalité du sérieux de l’enquête, l’appréciation de la base factuelle suffisante et la mesure dans l’expression [qui] nécessitent une appréciation au fond des preuves produites par les deux parties », puisque ce n’est pas son rôle. La Mairie et les élus RN avaient choisi de nous attaquer en référé, une procédure d’urgence pour faire cesser un trouble manifeste avec notamment la demande de la dépublication de notre article et le retrait des journaux de la vente dans un contexte d’élection. « La justice a suivi nos arguments, les pièces fournies de notre enquête ont prouvé la bonne foi de notre travail », commente Me Rébérioux, notre avocate commune avec Streetpress, qui avait copublié l’enquête.

Il nous reste à envoyer, à notre charge, un huissier à la Mairie de Beaucaire pour notifier la décision et ensuite, laisser courir un délai de 15 jours durant lesquels les élus et la Mairie de Beaucaire peuvent faire appel de la décision  et demander à ce que l’affaire soit rejugée en référé par la Cour d’appel. En revanche, le délai de trois mois de prescription est dépassé pour attaquer notre enquête sur le fond.

Sur le fond de l’affaire, nous sommes toujours ouverts à la publication des réponses de la Mairie de Beaucaire sur les critères d’attribution des commerces. Depuis des années, les élus municipaux d’opposition demandent des débuts de réponse avec la publication de la liste des locaux préemptés ou loués par la mairie et s’ils ont été attribués ou pas, à qui et sur quels critères. La Ville de Beaucaire gérée par le RN ne publie pas les procès-verbaux complets de ses conseils municipaux sur son site, comme l’y oblige la loi.

Nous avons également à régler les frais d’avocat dont le jugement n’a pas accordé le règlement par la partie attaquante. Aucun dommage et intérêt pour procédure abusive n’a été non plus retenu.

L’Arlésienne travaille à veiller sur l’actualité démocratique dans le Pays d’Arles, notamment dans les communes de Beaucaire et de Tarascon gérées toutes deux par l’extrême droite. Aujourd’hui, en manque de moyens, la rédaction a besoin de soutien pour payer ses frais d’avocats et pouvoir continuer le travail d’enquête de ses journalistes.

La Rédaction de l’Arlésienne


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