La Chambre de Commerce et d’Industrie voit dans les locaux des anciennes Papeteries à Trinquetaille un ensemble futuriste construit pour le développement d’applications numériques innovantes. Une école et une pépinière d’entreprises pour construire la ville intelligente. Alain Chaix, directeur du front office, défend le projet.

On pourrait penser à un projet mégalo porté par la Chambre de Commerce et d’Industrie du Pays d’Arles qui imagine que la ville est au centre du monde. Un campus de 15 000 m² qui rassemblerait l’élite du numérique mondiale qui viendrait ici pour se former et innover. Et un méga- ordinateur installé sur 10 000 m² (un data center dans la novlangue umérique). Sur le plan strictement architectural, le projet garderait les bâtiments avec le plus de cachet, le bâtiment de bureau début XXe de 4 000 m² (voir photo). Mais là n’est pas le plus important.


Une Silicon Valley à Arles
Le projet foufou souhaite installer à Arles une Silicon Valley qui rassemblerait un campus et des entreprises. Mais Alain Chaix, l’éminence grise de la CCI (pardon directeur du Front Office) déballe son argumentaire. Attention. Cet homme qui pense à long terme dirige l’institut de régulation et d’automation, une école portée par la Chambre qui travaille « avec
un réseau de 2 500 grandes entreprises, les entreprises du Cac 40 »
type Total, EDF, Sanofi, L’Oréal. Concrètement, l’Ira voit passer tous les employés de ces entreprises pour former à l’utilisation des machines industrielles. Depuis 50 ans, l’institut a vu passer « l’ère mécanique, l’ère automatique et maintenant l’ère du numérique industriel » .

Alain Chaix imagine un lieu qui rassemblerait le Mopa (ex-Supinfocom, école également portée par la CCI) et donc la formation aux images de synthèse soit et l’Ira. Et là, Alain Chaix s’amuse à imaginer une complémentarité des écoles dans le domaine de la culture, de l’industrie, dans l’enseignement, les objets connectés et la construction de la ville intelligente. Des imprimantes 3D, des cabines de simulation. L’orgie quoi.
Et il voudrait donc que les étudiants formés montent ensuite des entreprises innovantes sur place.

En gros, l’idée est de créer un écosystème pour générer de l’emploi dans l’industrie numérique. Et Alain Chaix déclare que les partenaires sont déjà prêts à se lancer dans l’aventure. Notamment le consortium d’investisseur composé du Futuroscope, d’Appu Ghar, le géant indien des parcs d’attraction et l’Ira avec lesquels ils ont développé une charte et des objectifs communs.

Mais c’est le problème avec ces projets innovants, c’est que tout le monde veut faire le sien et qu’à Aix se construit The Camp, un projet de campus privé pour réfléchir à la ville intelligente. Est ce que il y aura la place pour tout le monde ? Et là Alain Chaix sort les dents. « Nous, on ne part pas de zéro, avec l’Ira et le Mopa ce sont plus de 2 200 étudiants qui sont sur la ville chaque année. » Mais il faudra convaincre les pouvoirs publics de foncer. Pourtant fouilles préventives, dépollution, et le crapaud protégé du coin pourraient retarder l’optimiste un peu foufou. Sans rire, il souhaite voir le campus ouvrir en 2018. Ah oui et ça s’appellerait le Cipen pour « Cluster d’innovation pédagogique et numérique », un outil intégré au label Culture Tech Avignon Provence. Mais vous en avez assez eu. On en reparlera plus tard hein.

Eric Besatti

Article publié dans le gai savoir – édition quotidien 2015 – Jeudi 9 juillet 2015