Partie le 30 avril de Vintimille en Italie pour arriver à Londres le 8 juillet, en passant par Calais, la marche de soutien aux migrants souhaite montrer une résistance festive. Elle est à Arles ce mercredi 16 mai.

C’est des militants calaisiens de l’Auberge des Migrants qui ont eu cette idée folle par une nuit d’insomnie : relier à pied Vintimille à Calais puis continuer jusqu’à Londres, des  »hotspots » de migrations comme on les appelle dans le jargon militant. Depuis 2008, les bénévoles de l’association sont aux côtés des milliers d’exilés qui transitent par cette zone frontalière hautement sensible en distribuant repas, vêtements chauds, aide juridique avec sept autres organisations françaises et internationales. « À travers cette marche, on veut pouvoir revendiquer nos positions sur la loi sur l’immigration, sur la politique migratoire française et européenne en général mais de manière gaie et enthousiaste, explique Maya Konforti, co-organisatrice de la marche et secrétaire de l’Auberge des Migrants. Le combat que l’on mène contre le gouvernement est dur et épuisant, on a besoin de se ressourcer et de fédérer les forces en présence partout en France et en Europe. » D’ailleurs, plusieurs nationalités sont représentées : française, italienne, britannique, bientôt belge et même une Mexicaine !

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La marche solidaire pour les migrant.e.s le samedi 12 mai 2018 sur la Cannebière lors de son passage à Marseille. Photo Hélène Servel.

Un combat épuisant
Les marcheurs ont donc quitté Vintimille le 30 avril dernier avec une grosse centaine de personnes et escortés de quatre véhicules qui portent le matériel de camping, les sacs à dos et de quoi faire des pique-niques. Il faut bien nourrir tout ce monde : entre 35 personnes pour la plus petite étape et 110 pour le départ en fanfare, la taille du groupe varie. Un collectif d’une douzaine de photographes se relaient pour documenter la marche. Un ancien habitant de la Jungle qui a récemment obtenu ses papiers sera présent pendant les deux mois pour tourner un court-métrage sur cette manifestation hors du commun.

Fédérer dans la gaieté
Depuis leur départ, l’écho de la marche grandit à travers les médias locaux et nationaux et, étape après étape, les gens sont de plus en plus nombreux à rejoindre le cortège. « On n’est pas là pour adresser un message aux politiques, précise Maya, mais à travers cette manifestation dans la durée on veut surtout montrer qu’il y a des Français qui veulent accueillir des gens et qui ne se sentent pas représentés par le gouvernement et ses politiques actuelles en la matière. » Même si les marcheurs ne se font pas beaucoup d’illusions sur leur capacité à faire reculer le gouvernement sur la loi sur l’immigration qui sera bientôt votée (lire p.4), ils comptent quand même créer du lien entre toutes les initiatives et ont l’envie de continuer le combat. Lors de leur passage à Paris, le 18 juin prochain, ils participeront aux états généraux des migrations qui rassembleront une centaine d’associations et de collectifs agissant sur l’urgence humanitaire, l’accès aux droits fondamentaux, l’enseignement du français ou l’échange interculturel. Des discussions seront organisées autour de cette nouvelle loi jugée « régressive et bafouant les droits fondamentaux » par de nombreuses organisations de défense des droits des étrangers.

A Arles, le comité d’accueil de la marche est composé1 de ceux qui se mobilisent tout au long de l’année notamment auprès des mineurs isolés avec le Réseau Education Sans Frontières et prévoit des prises de parole tout au long du parcours et se charge de tout installer pour la soirée festive en mode auberge espagnole où chacun est invité à rapporter quelque chose à partager.

Hélène Servel


Les temps de passage

En marche depuis midi au départ de la gare de Saint-Martin de Crau, le cortège est attendu vers 17h au 67, route de la Crau (au niveau de Camping city). Une traversée de la ville est prévue et passera par le boulevard Victor Hugo, la montée Vauban, la rue de la Calade devant la Sous-préfecture, pour arriver sur la place de la République puis l’esplanade Charles de Gaulle autour de 17h40. Des prises de paroles, lectures, animations musicales et un repas solidaire tiré du sac sont prévus jusqu’à 21h environ. Juste à temps pour le début de la finale européenne OM-Madrid.


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Cet article est publié dans La petite Arlésienne – les voies de l’hospitalité – édition spéciale 16 mai 2018 en vente à Arles dans nos points de vente habituel. Voir sur notre page facebook.