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Faute d’offres, le théâtre d’Arles devient municipal

Faute d’offres, le théâtre d’Arles devient municipal

Avec un cahier des charges difficile à tenir, les candidats ne se sont pas bousculés pour être choisis pour la gestion du théâtre d’Arles. Alors que l’actuelle délégation de service public se termine le 30 juin, la municipalité a pris la décision de gérer directement son théâtre. Le conseil municipal convoqué le 27 mai prochain aura pour seul sujet : la municipalisation du théâtre.

Le 18 décembre 2020, le conseil municipal d’Arles vote le lancement d’un appel à candidature. La Ville veut du changement dans la gestion du théâtre. Question financement, Patrick de Carolis assume une baisse importante de la participation de la ville de 200 000 euros (sur 600 000 soit -33%). La nouvelle municipalité cherche un équilibriste pour reprendre le théâtre en faisant évoluer la programmation pour « toucher un plus large public » tout en conservant « le conventionnement de son projet artistique autour des nouvelles écritures » avec l’Etat. La mairie voulait une programmation à la fois grand public et à l’avant-garde de la création avec moins de moyens mais aussi garder un regard sur la programmation. Étonnamment, elle n’a trouvé personne.

Aujourd’hui, le rapport de présentation à la Commission consultative des services publics locaux (p.5) indique que sur les six candidatures reçues, seules deux sont allées jusqu’à déposer une offre. La première : « Une maison de théâtre à Arles » a été jugée inappropriée car elle demandait que la ville participe davantage au budget. L’autre, celle de l’équipe sortante (Association du théâtre d’Arles), n’a pas été retenue à cause d’une programmation qui « ne présente pas l’ouverture attendue » aux « spectacles grand public ». Marie Bosc, administratrice de l’association sortante, parle de « flou artistique » quand elle évoque la volonté de la nouvelle municipalité de faire venir des « têtes d’affiches » et « attirer le grand public ». Dans le cahier des charges, « rien n’est défini ». Avec une baisse des subventions, « ce n’était pas réalisable », affirme-t-elle. De manière générale, la jauge du théâtre n’est que de 300 personnes, il est donc très difficile de rentabiliser des grosses productions grand public qui viendraient s’y produire.

La mairie a donc décidé de changer son fusil d’épaule et de municipaliser la gestion du théâtre. Elle a classé sans suite la procédure destinée à trouver un délégataire. Résultat, le théâtre va être repris en régie directe, c’est-à-dire géré comme un service de la ville avec un budget à part. Dans cette configuration, plus aucun problème pour avoir un œil sur la programmation vu qu’elle sera directement assuré sous le rapport hiérarchique de la municipalité. Les élus seront au plus proche des décisions liées aux activités du théâtre. Un mode de gestion qui permettra à la ville, selon la délibération, de faire du théâtre un « équipement de sa politique culturelle » et « un nouveau lieu de vie innovant, hybride et de développer des disciplines comme le théâtre, la danse, le cirque ou la musique afin de prendre en compte l’ensemble des publics du territoire en affichant une programmation diversifiée et de grande qualité et en explorant également l’univers de l’imagerie créative ». Dans Cauchemar en cuisine, Philippe Etchebest sanctionnerait : « la carte n’est pas lisible ! ».

Marie Bosc, administratrice actuelle du théâtre, regrette une situation incertaine pour les salariés. La mairie n’a pas encore rencontré les salariés du théâtre. Pourtant, tous vont se voir proposer un contrat par la mairie d’Arles. Pourtant, les craintes sont nombreuses. Effectivement, un fonctionnaire est titulaire de son grade, pas de son poste. Les anciens employés du théâtre pourront théoriquement demain être changé de service. Et si le théâtre est délesté de nombreux salaires, la Ville n’aura t-elle pas plus de facilité à trouver un délégataire ? Qu’y a t-il dans la tête de Patrick de Carolis ? Que va devenir le théâtre d’Arles ? Va t-il conserver sa convention « scène d’intérêt national » ? Va t-il devenir une salle polyvalente haut-de-gamme ? Début de réponse pendant le conseil municipal de jeudi prochain, 17h, à suivre sur le site de la Ville.

Eric Besatti