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La droite fait de l’œil à la culture provençale. Renaud Muselier, actuel président de la région Paca regarde Mandy Graillon, conseillère culture à son cabinet, le 4 juillet 2016  lors de l’inauguration des Rencontres de la photo, alors qu’elle était encore reine d’Arles.

Cette année est celle de la clarté pour les “opérateurs culturels”. Le Département et la Région – qui ont viré à droite en 2015 – ont fini de mettre en place leur politique. Ce changement de majorité donne une nouvelle définition de la culture subventionnée. Elle doit désormais être de plus en plus au service de l’attractivité du territoire et centrée sur la “culture provençale”.


Tout partait pourtant si bien. Au commencement, une promesse électorale tenue. Celle de la droite, de ne pas toucher à la culture. Ok, elle a été annoncée dans un contexte politique très particulier. Entre les deux tours de l’élection régionale, Christian Estrosi (LR) jurait de « sanctuariser le budget de la culture » pour donner des gages à l’électorat de gauche et ainsi faire barrage au FN. Résultat, depuis son élection, le budget a légèrement augmenté pour atteindre 53 millions d’euros.

L’attractivité avant tout
Alors, l’an passé, lorsque la Région décide d’augmenter la subvention aux Rencontres de la photo d’environ 150 000 euros pour dépasser la barre des 500 000 euros, le nouvel exécutif a de quoi parader en ville. C’est ainsi que Renaud Muselier (LR), président de la Région – après qu’Estrosi lui ait laissé la place pour redevenir maire de Nice – venait le menton haut et le regard fier lors de l’inauguration du festival le 3 juillet 2017. Entouré de la ministre de la Culture, Françoise Nyssen, face aux journalistes et au mundillo culturel, il revendique une « augmentation du budget de la culture », affirme que la collectivité est au rendez-vous. L’Arlésienne s’en va questionner l’élu, descendu de la tribune, lui rappeler qu’en dépit d’un budget en augmentation, quelques jours plus tôt, le théâtre de la Calade annonçait sa fermeture suite à la baisse des subventions, notamment régionales. « Nous soutenons d’abord les événements qui apportent de l’attractivité et de l’activité économique au territoire », justifiait alors Renaud Muselier avant de filer à l’anglaise en dénonçant les questions « à charge » de l’Arlésienne.

Beh oui, ce n’est pas ce genre de questions que venait chercher le nouvel exécutif mais plutôt l’image d’un ami de la culture. Et pour cause, la Région a misé sur les grands événements et les grandes structures pour se construire une vitrine culturo-compatible. Comme pour les Rencontres de la photo, le Festival d’Avignon a vu sa subvention augmenter (+ 50 000 euros). Et grande fierté des nouveaux édiles, la Région a sauvé de la faillite les Chorégies d’Orange, le festival de musique classique pour une aide d’environ un million d’euros par an.

Le clash en conseil municipal
La politique régionale, c’est la préférence des « grosses structures au détriment des plus petites qui, au quotidien, accompagnent la richesse culturelle de notre collectivité », accuse David Grzyb, élu municipal arlésien de la majorité en séance publique au mois de mars. « Il n’y a pas de gros et de petits, contre-attaque Cyril Juglaret, conseiller municipal Les Républicains et élu de la majorité régionale. Nous faisons des choix et nous les assumons. Notre stratégie est très simple, c’est faire rayonner Provence-Alpes-Côte d’Azur parce que c’est notre compétence première, le développement économique, la création de richesses, le rayonnement, le tourisme […] je l’assume, c’est en aidant effectivement les grosses structures, en agissant massivement à notre niveau de collectivité régionale, que nous serons efficaces. » Pour finir sa diatribe, il achève  : « vous (le PS ndlr), votre méthode, c’est du saupoudrage ! »

« Si on n’avait pas aidé une petite association il y a 50 ans, les Rencontres n’existeraient pas ! », fait remarquer une arlésienne dessiné par Autheman dans La Provence quelques jours plus tard. A côté, un fantôme de Lucien Clergue créateur du festival lui répond « Bien vu ! ». Lors du conseil municipal suivant, Claudie Durand, adjointe à la culture de la ville d’Arles, se lance dans un inventaire des structures touchées par la baisse des subventions de la Région et du Département. « Le théâtre de la Calade fermé, […] Convivencia compromis en 2019, le festival de courts-métrages Sous les étoiles n’existera plus sous sa forme initiale : un emploi en moins. In-Situ, qui nous avait enchantés avec ses installations en centre-ville, un emploi en moins […] la radio 3DFM, deux emplois en moins. C’est aussi le cas de tant d’autres petites et micro-structures qui participent à la pluralité des expressions artistiques qui doivent aujourd’hui s’autocensurer pour ne pas heurter les sensibilités politiques. » Voilà pour le quantitatif. Au niveau du fond du problème, Claudie Durand accuse des choix antinomiques avec la notion de richesse culturelle. « Ces coupes drastiques n’ont pas pour objet de faire des économies. Elles sont redéployées sur d’autres structures. Il y aurait donc la culture qui fait rayonner un territoire et qui mérite l’aide de la puissance publique et les autres. […] Je le dis très clairement : il n’est pas possible d’envisager la culture sous son seul prisme économique »

Oui à la culture provençale, non aux musiques du monde
D’ailleurs, même pour certains gros “opérateurs”, c’est difficile. Même pour ceux qui font rayonner le territoire. Les Suds, un monument de festival de musiques du monde qui attire plus de 50 000 personnes a beaucoup perdu. Entre 2015 et 2017, la subvention de la Région est passée de 220 000 euros à 180 000 €. Depuis elle est maintenue à ce niveau, ce qui est une exception dans le contexte où Babel Med, Africa Fête et tout ce qui sonne Méditeranée n’est plus en eaux de sainteté à la Région (lire ci-dessous). Marie-José Justamond, la directrice du festival a appuyé ses remerciements au président Renaud Muselier et Christian Estrosi pour cette continuité. En revanche au Département, le festival passe de 80 000 euros à zéro. « On a déjà un gros festival, la Fiesta des Suds à Marseille, et les budgets sont contraints, il faut faire des choix. On n’a pas besoin de deux festivals de musiques du monde de cette ampleur financés par le département », justifie Sabine Bernasconi, vice-présidente du Département déléguée à la culture, dans les pages web de Marsactu. Sauf que la Fiesta des Suds est plutôt un festival de musique actuelle à grosse jauge, certes avec une programmation internationale, mais certainement pas un festival de la scène de la musique du monde. En fait, l’élue revendique avoir aidé l’association Latinissimo qui portait aussi feu Babel Med, un festival et un marché de musiques du monde qui se tenaient au Dock des Suds à Marseille et rassemblaient les professionnels du secteur. Il a purement et simplement disparu par manque de soutien des collectivités, régionales et départementales. L’axe Arles-Marseille représentait une place forte pour la discipline. Beaucoup moins maintenant. Quand on parle d’attractivité et de rayonnement…

Dans les faits, le Département continue de soutenir Les Suds mais pour ses actions dans les quartiers et dans les collèges et, côté artistique, seuls les financements sont maintenus sur « le volet culture provençale », précise Sabine Bernasconi. Nous y sommes. L’an passé notamment cette subvention a permis à Henri Maquet et Julien Bayle de créer un spectacle des musiques d’oc actuelles avec les étudiants de l’école de la photo. « La captation idéologique de la “culture provençale” par les majorités départementales et régionales constitue une sinistre ambiguïté, et les musiciens s’exprimant en provençal, dans leur ensemble, ne souscrivent en rien à cette substitution arbitraire, qu’aucun argumentaire sérieux ne pourrait étayer », commente Manu Théron, à la lecture des arguments de l’élue à la culture sur le site de Marsactu. Celui qui fait bouger la scène occitane actuelle – que l’on connaît notamment pour le Cor de la Plana – ne se reconnaît pas dans le positionnement pro-provençaliste de la collectivité. A Arles, si le Département a baissé ses subventions pour la quasi-totalité des associations, Lou Felibrige, association ayant pour objet « la langue d’Oc et la propagation de la doctrine de Frédéric Mistral » a gagné 3 000 euros de subventions depuis l’arrivée de la droite aux affaires. Un tantinet caricatural.

le arles bashing
Claudie Durand, élue à la culture, fustige des décisions prises « depuis des bureaux éloignés, sans réelle connaissance de la richesse engendrée ». Pire, il y aurait un Arles-bashing de la part des collectivités et des nouveaux exécutifs, « ceux qui jettent à la face de nos structures culturelles, qu’ils ont mangé leur pain blanc dans les mandatures précédentes (à la Région avec Michel Vauzelle et au département ndlr), qu’ils n’ont qu’à demander à notre mécène ou notre ministre de la culture de les aider ». Tout se passe comme si Arles avait été trop bien lotie pendant des années, biberonnée grâce à Michel Vauzelle qui faisait couler les subventions depuis sa présidence de région, trop bien traitée par le destin qui envoie une mécène milliardaire et sa tour (Maja Hoffmann et sa fondation Luma ndlr), que la surdouée culturelle n’avait qu’à se débrouiller toute seule désormais. Pour justifier l’arrêt du soutien aux Suds, Sabine Bernasconi, élue au Département, confirme cette hypothèse : « On a aussi deux musées départementaux à Arles, on a pesé l’ensemble de la situation », en évoquant « l’investissement exceptionnel » de 22,5 millions d’euros pour la rénovation du Museon Arlaten et « des crédits exceptionnels de 2,5 millions » pour la construction des réserves du musée de l’Arles Antique. D’ailleurs, les musées départementaux qui travaillaient historiquement en partenariat avec les Suds ont désormais interdiction de le faire. « Les partenaires ne sont pas toujours les mêmes, ce qui est normal. Les musées s’ouvrent à des propositions avec des acteurs en dehors d’Arles, et les acteurs doivent aussi élargir leurs actions. Les Suds ont été programmés au Mucem à Marseille ou à Trets, et c’est tant mieux », explique l’élue à la culture départementale.

Ambitions à la baisse
Du coup, avec moins de subventions, il faut réduire la voilure. Cette année, une scène sur les quatre quotidiennes a été supprimée pour le festival les Suds. Un des concerts du soir au théâtre antique n’aura pas de première partie. Pour Convivencia, on a économisé sur le gardiennage, la scène sera montée le jour du début du festival, « on va compenser avec l’énergie bénévole encore une fois », sourient jaune Jean Colomina et Catherine Le Guellaut, fondateurs du festival Convivencia. De plus, la programmation musicale choisit des artistes qui viennent de moins loin pour économiser sur le budget transport. Les groupes trop nombreux sont évités pour s’assurer qu’ils puissent dormir chez les festivaliers, afin de réduire les coûts de logement.

Une demande de cohérence des acteurs culturels
Catherine et Jean, âmes militantes de la ville, s’insurgent. Ils n’ont plus rien à perdre et ne comprennent pas que certains « meurent la gueule ouverte sans rien dire ». Au festival Convivencia qu’ils participent à animer avec d’autres bénévoles, ils ont construit un espace à part. Un public singulier, agrégé autour de valeurs, se retrouve chaque année à l’ombre des platanes du parking de Léon Blum. Là bas, on y paye en Roue, la monnaie locale, le village des alternatives permet un rassemblement des assos jardino-vélo-militanto-localo-artisano-bio et quelques artisans. Ils ne veulent pas que l’édifice et son ambiance unique s’effondrent. Ils ont lancé une lettre ouverte aux élus. « On ne sait pas pourquoi on arrête de nous soutenir, on ne nous explique pas. L’an passé, on a reçu la réponse en décembre pour notre événement qui se déroulait en juillet. Ils font la politique de la lettre morte. Les réponses ne sont pas motivées. C’est comme une négation du travail de qualité accompli depuis des années », se désole Catherine.

« Ils sont en train de détruire un maillage qui a mis longtemps à se construire, c’est ça qui est dommage », regrette une figure culturelle arlésienne qui ne souhaite pas s’exprimer et mettre en danger sa structure. « Mais cet article, il va changer quoi ?, questionne t-elle. Les gens qui ont voté pour eux, ils vont être contents et les mecs de gauche vont se dire “ouais, c’est scandaleux”. Mais ils ont été élus pour ça ! On savait depuis dix ans que le jour où Vauzelle partirait, ça allait être dur. Il cassent les réseaux de gauche, c’est normal. » La baisse est généralisée. Le Département avait annoncé aux acteurs qu’il faudrait se serrer la ceinture. Mais aujourd’hui les structures se confrontent à des arrêts brutaux des subventions. Côté Région, pareil, la politique de la lettre morte est l’usage, les soutiens de l’entre deux tours montent désormais au créneau pour clarifier les positions de l’exécutif pour l’instant difficilement lisible (lire ci-dessous.

« Je ferai attention à ce que personne ne soit laissé de côté », déclarait Christian Estrosi (LR) au micro de Zibeline, lors de la conférence culturelle organisée par la Région, le 30 juin 2016, lors de sa lue de miel avec le milieu culturel. « Il n’appartient pas au pouvoir politique de trier entre les modes d’expression, entre les artistes, entre les œuvres », déclarait le président à la tribune. Ah… Tout commençait pourtant si bien.

Eric Besatti


Le bloc culturel rappelle leurs engagements aux élus régionaux

Cent cinquante personnalités de la culture en Paca ont pris la plume pour alerter Renaud Muselier et Christian Estrosi, président et vice-président, sur le sens de la politique culturelle régionale. Une politique contraire aux engagements du début du mandat.

Prenons juste un exemple. Africa Fête, un festival marseillais autour de la culture africaine. L’an passé, en plein festival, la Région annonce que la subvention ne sera pas renouvelée. Bim, 30 000 euros en moins alors que les dépenses sont déjà engagées. Voilà la façon de traiter un édifice de 20  ans. Arrêter tout, sans explication. Enfin si, après de nombreuses relances, « ils ont fini par me dire : vous ne rentrez pas dans la politique régionale », témoigne Cécile Rata, directrice du festival.

Le barrage au front s’étiole
Des exemples de changement brutal non motivé de la Région, comme celui-ci, il en existe beaucoup. A force d’échanger, les acteurs culturels ont remarqué que tout ce qui touche à la Méditerranée subit des baisses systématiques de leurs subventions : Africa Fête, Convivencia, Aflam, Primed, FFM, Dansem, Babel Med… Partant, notamment, de ce constat, une coordination est née et a donné lieu à une lettre adressée à Renaud Muselier et Christian Estrosi, signée par 150 personnalités de la culture régionale. Et pas les indignés systématiques : le directeur délégué du festival d’Avignon, le directeur du Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence, le directeur de la Friche la Belle-de-Mai à Marseille, des directeurs de théâtres, de scènes nationales, de musées nationaux, le directeur des Rencontres d’Arles… Dans le texte, ils s’émeuvent : «  La disparition pure et simple de Babel Med suite au retrait de la Région pose un grave problème, allant a contrario de l’ouverture à la  Méditerranée. » Ils questionnent aussi la ligne politique régionale, quand le pacte de l’entre-deux-tours affirmait faire barrage au Front National et à son idéologie. « Nous avons le sentiment que le travail accompli jour après jour dans nos structures et nos compagnies, chacun à son échelle, contre les clivages sociaux et pour la curiosité envers l’altérité, reste profondément incompris. » « Ce n’est pas tout. Nous sommes ébranlés par une série de faits troublants. Fin avril, la Région a décidé de retirer une subvention de 20 000 euros au film documentaire de Pascal Lorent produit par Denis Robert et qui concerne la Mairie frontiste de Cogolin : en prenant cette décision, sous prétexte d’un contenu jugé « trop politique », vous avez désavoué l’avis de vos propres services ainsi que celui du CNC, favorables à ce projet. Souhaitez-vous fermer les yeux sur les dérives d’un conseiller régional aujourd’hui dissident du Front National mais qui, dans sa commune, a voulu donner au parking municipal le nom de Maurice Barrès et interdire les spectacles de danse orientale ?  Par ailleurs, nous comprenons parfaitement le souhait de la Région de sauver les Chorégies d’Orange : fallait-il pour autant que vous affichiez publiquement votre sympathie à l’égard de Jacques Bompard, le maire d’extrême-droite d’Orange ? Le fils de celui-ci, conseiller départemental du Vaucluse, a demandé que la subvention accordée au Festival d’Avignon 2018 lui soit retirée au prétexte que l’un des fils rouges de cette édition en était le genre, et a suggéré que cette subvention soit plutôt accordée aux Chorégies d’Orange. Leur parti, la Ligue du Sud, considère que le Front National est timoré, compare les homosexuels à des animaux et demande d’entraver les avorteurs. Nous ne pouvons envisager qu’elle soit devenue fréquentable à vos yeux. Devons-nous voir dans ces actes et ces décisions des réponses aux pressions de l’extrême-droite voire un glissement vers un pacte avec celle-ci ? Nous aimerions être rassurés sur ce point absolument fondamental à nos yeux. » La question mérite d’être posée.

A la recherche de la cohérence
A grandes promesses, grands espoirs et grandes attentes. A peine élu, Christian Estrosi claironnait sur la co-construction de la politique culturelle régionale en partant des acteurs de terrain. L’outil pour le faire : une conférence annuelle. La dernière a beaucoup déçu. « Le chantier de la refondation culturelle régionale est loin de tenir ses promesses. Lors de la conférence régionale du 9 avril à Mougins, Renaud Muselier a restitué des travaux dont les thèmes évoqués nous semblent très parcellaires : innovation, mécénat, valorisation du patrimoine et renforcement des identités régionales… Tout cela ne fait pas un projet de politique culturelle : il n’est plus question ici ni de création artistique, ni d’ouverture au monde et à l’autre, ni de participation des publics, ni de démocratie culturelle. »

Comprendre la politique de la collectivité, c’est le vœu de tout le milieu culturel. « D’un côté, la Région demande aux filières culturelles de se structurer et en même temps, elle coupe les crédits aux associations qui ont ces missions de structuration. D’un côté, elle reconnaît le travail accompli et, deux semaines plus tard, elle coupe dans les budgets », regrette Sam Khebizi, directeur des Têtes de l’art, membre de la coordination et signataire de la lettre. « Les urnes ont parlé, que des élus mènent des politiques de droite, c’est tout à fait normal. Mais les politiques qui sont menées en ce moment, ne sont ni des politiques de droite, ni des politiques de gauche, ce sont des politiques incohérentes. » Dans les réunions de la coordination des acteurs culturels, on s’inquiète de la place prépondérante du cabinet dans le fonctionnement de la Région. Les avis des services sont de moins en moins écoutés.

Enfin, le collectif d’acteurs culturels questionne la stratégie d’investir en priorité dans les grands événements et constate : « Les subventions attribuées aux grands opérateurs régionaux ont certes augmenté, mais de nombreux acteurs culturels ont été fragilisés suite aux réductions des subventions régionales. » A la suite de l’envoi de la lettre, « on a été reçu par Muselier avec une délégation qui regroupe des petits et des gros, témoigne Sam Stourdzé, le directeur des Rencontres, en disant : Attention, on peut être gros, avoir des augmentations de subventions et ne pas être muselé pour autant. On a demandé à ce que, comme dans d’autres régions, les budgets de la culture puissent être augmentés. En tout cas, que les augmentations des uns ne se transforment pas en baisse pour les autres. »

Si les Républicains avaient tendu la main, en contexte électoral, au milieu culturel, celui-ci n’est pas neutre idéologiquement et ne défend pas « uniquement la cause des arts et de la culture, mais celle de la démocratie. Nous sommes préoccupés par le devenir de la culture comme par celui de l’éducation, par la persistance des inégalités et des clivages sociaux, et désireux de favoriser la capacité de notre région à créer un véritable vivre-ensemble, y incluant les derniers arrivés et les plus fragiles d’entre nous », finit d’argumenter la lettre. A toute médaille, son revers. Pour que le couple Les Républicains/milieu culturel ne se sépare pas, il faudra peut-être que la droite change un peu de culture.





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