Novice en politique, la liste des écolo-citoyens de Changeons d’avenir a réalisé 8,31% au premier tour. Un score honorable avec un programme radical tourné vers la transition écologique et démocratique. A six sur la liste du Parti des Arlésiens de Nicolas Koukas, le collectif pourra, quelque soit le scénario, former un groupe au conseil municipal.

Pour faire un groupe politique dans un conseil municipal, il faut être deux. Avec Cyril Girard, illustrateur naturaliste en 3e position sur la liste du Parti des Arlésiens et Virginie Maris chercheuse au CNRS en 8e, Changeons d’avenir pourra, quoi qu’il arrive, constituer un groupe politique pendant la prochaine mandature1. En cas de victoire, Marine Crouzet 20e, Marie-Christine Casetti-Pinard 24e ou Chloé Roux 39e, pourront intégrer le conseil. Nora Mebareck, la députée européenne membre des socialistes arlésiens a laissé sa place, le cumul des mandats était un sujet de tension avec Changeons d’avenir.

« Depuis le départ, notre objectif, c’est de préparer la ville au changement du monde, que la voix de la transition politique et écologique soit entendue, explique Cyril Girard. La question était de savoir où on allait avoir le plus d’influence sur la vie du territoire. Après 15 ans de militantisme, de plaintes contre les entreprises polluantes, de marches pour le climat, notre conclusion était celle-là : il faut des écologistes convaincus dans les organes de décision, les municipalités, les collectivités locales. C’est un nouveau levier d’action. »

Après des débats internes et des garanties obtenues sur leur autonomie, ils sont prêts au grand saut. Une association va naître à côté des futurs élus de manière à poursuivre « la dynamique collective, détaille Cyril Girard, pour être en appui aux élus ou sur des questions complétement indépendantes des débats municipaux ».

Et pourquoi le choix de Nicolas Koukas plutôt que celui de de Carolis, qui contrairement à ce qu’il affirme(2), a envoyé un texto pour ouvrir la porte à une collaboration ? « Il y a une telle évidence d’incompatibilité que c’est difficile de l’expliciter. Patrick de Carolis a un programme complètement creux. Il parle de grands événements avec les désirs de grandeur, de puissance, c’est aux antipodes de nos valeurs d’humilité et nos envies de petites échelles », décrypte Virginie Maris de Changeons d’avenir. Côté Koukas, Pierre Vetillart, élu à la transition de l’actuelle majorité et n°11 sur la liste du Parti des Arlésiens était présent dans le collectif depuis le début et a servi de pont entre les deux groupes.

Les points de négociation
Qu’ont négocié les écolo-citoyens ? « Nous avons signé un accord sur nos incontournables », détaille Virginie Maris. Par exemple, sur le dossier épineux du contournement autoroutier, Changeons d’avenir a obtenu un « recul explicite sur le projet actuel avec dès aujourd’hui une réduction des nuisances, un revêtement anti-bruit, de la végétalisation à la Roquette, une réduction de la pollution grâce à une baisse de la vitesse autorisée et le développement d’une politique ambitieuse de transports en commun ». Concernant la vidéosurveillance, « ré-ouvrir le dossier, les demandes au fonds de lutte contre la délinquance du ministère peuvent servir à autre chose qu’à des investissements sur des équipements, sortir du tout-surveillance et une approche parcimonieuse de la vidéo. Nous savons grâce à des études que le gain de sécurité se fait par du présentiel. » Pour le casino, le collectif a obtenu un moratoire sur la question et une démarche de consultation, comme pour les grands projets à venir.

En cas de victoire de la liste de Nicolas Koukas, le élus Changeons d’avenir s’occuperont des questions de démocratie participative, de biodiversité et espace naturel et d’éducation à l’environnement. « On espère être dans la majorité, mais même si nous ne l’emportons pas, nous souhaitons absolument être dans l’opposition parce qu’on sait qu’il y aura un travail énorme », conclut Virginie Maris.

E.B.

1. Le conseil municipal compte 45 élus, en cas de duel, avec les règles de calcul (prime au gagnant + nombre de sièges proportionnel aux résultats), la liste gagnante emportera 34 sièges au minimum.

2. La Provence édition Arles, 30 mai 2020.