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Fibre Excellence, maître chanteur

Fibre Excellence, maître chanteur

L’usine de pâte à papier de Tarascon, connue pour ses pestilentielles pollutions, est en redressement judiciaire depuis octobre 2020. La direction veut faire oublier le passé sulfureux, tout en s’illustrant d’un chantage à l’emploi tout azimut, au détriment des salariés et de l’environnement.

[Actualisation le 17 décembre 2021] : Fibre Excellence Tarascon annonce son redémarrage après son carénage d’automne et une année agitée par un redressement judiciaire. Début mai, le site industriel est passé pas loin d’un accident majeur, comme l’a raconté La Provence. Le 22 juillet, le tribunal de commerce de Toulouse a validé son offre de reprise présentée par son propre actionnaire. Pas de quoi rassurer salariés et riverains, malgré les promesses d’investissement, comme l’a détaillé Marsactu. Notre enquête publiée dans L’Arlésienne n°11 du printemps 2021 reste toujours d’actualité pour décrypter le fonctionnement de l’usine de Tarascon.

 

Ignare sur la situation passée de son entreprise. C’est le visage qu’a montré le directeur de l’usine de pâte à papier Fibre Excellence à la barre du tribunal de Tarascon le 6 janvier 2021 (1). L’usine de la zone industrielle des Radoubs était jugée pour différentes atteintes au code de l’environnement (2), dont en particulier des faits de pollution atmosphérique. « Je n’étais pas là donc je ne peux pas commenter » ou « ça je ne peux pas vous dire ». Les formules utilisées par Roger Girard, directeur général délégué de Fibre Excellence Tarascon varient. Mais à chaque fois il répond qu’il ne peut pas répondre à l’interrogatoire de Céline Chéron, la présidente du tribunal de grande instance.

Méconnaissance réelle ou posture pour contourner la justice ? Quelles qu’en soient les raisons, cette attitude qui fait fi du passé est inquiétante. Dans le passé : des résonances aux difficultés actuelles. L’histoire industrielle de la production de pâte à papier en bord de Rhône est ponctuée de problèmes de rentabilité, d’atteintes à l’environnement et d’accidents.

« Un investissement avancé loin d’être adéquat »
Aujourd’hui, l’usine transforme jusqu’à 1,2 millions de tonnes de bois en 250 000 tonnes de pâte à papier par an.  Depuis le 8 octobre 2020, l’entreprise est placée en redressement judiciaire par le tribunal de commerce de Toulouse (3). La direction invoque des prix d’achats faibles sur le marché de la pâte à papier et une grève à l’automne 2020 qui ont impacté le chiffre d’affaires. Près de 300 personnes travaillent à Fibre Excellence Tarascon et des milliers d’emplois de la filière bois en dépendent.

En 2010, l’usine a été vendue par le groupe canadien Tembec au milliardaire indonésien Jackson Widjadja. Un actionnaire, qui à la barre du tribunal de commerce se porte propre acquéreur, faute d’un autre repreneur potentiel et grâce à un principe de liquidation-acquisition autorisé dans le contexte de crise sanitaire liée au Covid-19. L’empire des Widjadja est lui loin d’être sur la paille. Il est composé d’un jeu de filiales en cascade, par lequel l’usine de Tarascon est liée au géant Asia Pulp and Paper (APP), qui est lui-même une composante du conglomérat Sinar Mas contrôlé par la famille Widjadja. Produits papetiers et huile de palme sont le cœur d’activité de ce mastodonte. Ce qui lui vaut des critiques régulières de la part de Greenpeace pour ses actions néfastes sur la déforestation et la destruction de tourbières en Asie du Sud-Est.

« Le plus gros pollueur du Rhône »

Depuis le milieu des années 2010, l’usine de Tarascon est dénoncée par des riverains pour ses rejets polluants dans l’atmosphère et le Rhône. L’enquête qui a mené au procès avait été ouverte par le procureur suite à une plainte de l’Association de défense de l’environnement rurale (ADER), de voisins et des administrateurs de l’école du Petit Castelet, située à quelques centaines de mètres. Saisi pour « mise en danger de la vie d’autrui, pollution atmosphérique et pollution des eaux superficielles et souterraines », le parquet n’a retenu que l’aspect atmosphérique du dossier. Pourtant, pour ses rejets aqueux, Fibre Excellence Tarascon a été considéré comme « le plus gros pollueur du Rhône » par l’agence de l’eau jusqu’en 2017.

Les arrêtés de mise en demeure délivrés par les services de l’État se sont accumulés durant une décennie, pointant une usine sans pilote aux commandes (Lire notre précédente enquête : Tarascon. Pollution atmosphérique d’Excellence). 14 directeurs différents se sont succédés à Tarascon depuis 1985, contre trois chez son homologue de Saint-Gaudens en Haute-Garonne. L’absence de mémoire de la direction proviendrait-elle de ce turn-over effarant ? La présidente du tribunal tente tout de même de faire réagir Roger Girard en citant un de ses prédécesseurs, entendu comme témoin dans l’enquête. « J’ai découvert un investissement avancé loin d’être adéquat », livre Philippe Agut, arrivé en novembre 2017 et démissionnaire un an plus tard. « J’imagine que quand vous êtes arrivé, la situation n’était pas anodine, on a dû vous transmettre des infos ? », questionne alors Céline Chéron, sans obtenir de réponse satisfaisante.

fragilité économique depuis des décennies
De situation anodine, l’usine n’en a jamais connue. Avant qu’elle ne s’installe, il n’y avait que des champs à profusion et quelques mas dans cette campagne du sud de Tarascon. Au milieu coule toujours le Rhône et filent les trains sur la ligne historique du Paris-Lyon-Marseille. Le site industriel fut imaginé en 1951. Il a démarré quatre ans plus tard pour fabriquer de la pâte à papier à partir d’alfa, un végétal importé d’Afrique du Nord. La chaîne transformant le bois devint quant à elle opérationnelle en 1958. La société s’appelait alors Cellulose du Rhône,
composante du groupe La Rochette. Une appellation qui a subsisté jusqu’au début des années 2000, au point qu’elle est encore employée par certains anciens. C’est en 2001 que le groupe canadien Tembec est devenu propriétaire avant de revendre en 2010 à Jackson Widjadja.

Le choix de Tarascon pour s’implanter n’est pas le fait du hasard. L’endroit est pratique pour assurer la convergence des matières premières, y compris celles qui servent au blanchissement de la pâte. Une brochure retraçant l’historique, publiée dans les années 1980 par la Cellulose du Rhône, le présente ainsi :

« L’usine de Tarascon serait implantée sur un terrain de 25 ha environ en bord du Rhône profitant ainsi de la voie fluviale pour ses importations d’alfa, pas très loin des salins du Midi pour son approvisionnement en sel (destiné à la fabrication de chlore et soude par électrolyse) et des carrières de calcaire des Alpilles pour élaborer sa chaux. En matière d’énergie, à cette époque, l’usine pouvait s’approvisionner à des prix « très raisonnables » en charbon des mines du Gard et surtout en fioul lourd « très bon marché » depuis les raffineries de l’étang de Berre. »

Le bois était lui facilement livrable par train ou par voie fluviale depuis les régions forestières situées plus au nord. Un train régulier en transporte toujours depuis le massif central via la ligne du « Cévenol ». Il vient aussi par camion des recoins d’Occitanie, de Paca et même de Bourgogne-Franche-Comté. La production à base d’alfa s’est arrêtée en 1964, l’abolition du temps béni des colonies ne permettant plus d’accéder à cette matière première.

Du côté des finances, les difficultés sont revenues de manière récurrente. Dès les premières années, « les difficultés financières [de l’usine] risquent de conduire, soit à sa fermeture, soit à être absorbée par un groupe étranger », écrit la brochure historique de la Cellulose du Rhône. La situation des années 1970 est celle d’une « fragile rentabilité » à cause de la fluctuation des prix du bois et de la pâte. Les années 1972 et 1973 sont déficitaires. « A partir des années 1974-1975, les responsables de la Cellulose du Rhône, analysant les maigres résultats financiers de l’activité pourtant soutenue de l’usine, constataient que dans l’état de sa structure, elle ne deviendrait jamais compétitive par insuffisance de capacité de production », rapporte la brochure. Dès lors, une nouvelle usine, dont la modernité s’est dégradée jusqu’à aujourd’hui, a été mise en chantier en 1978 et mise en service en 1981.

accidents graves à répétition
Également dès les premiers temps, le site fut le théâtre d’événements spectaculaires qui questionnèrent sa viabilité. En 1960, l’explosion de la chaudière à liqueur noire (4) fait deux victimes dont un mort. Tout au long de son histoire, l’usine a fait face à des inondations à cause de crues du Rhône ou des incidents industriels dont les plus impressionnants ont été les incendies sur le stock de bois. Les plus récents se sont produits en 2016 et 2017.

« J’ai été gazé à l’usine. Il y a eu une fuite de CO2. Je n’ai pas été averti »

Des ouvriers nous ont aussi raconté des accidents qui ont gravement nuit à leur santé par brûlure aux produits chimiques ou intoxication aux gaz. Ils témoignent anonymement par crainte d’être inquiétés par la direction. « J’ai été gazé à l’usine. Il y a eu une fuite de CO2. Je n’ai pas été averti par l’alarme qui aurait dû se déclencher », nous raconte l’un d’eux. Les faits se sont produits en février 2020. Mis en arrêt maladie durant trois mois à cause de l’incident, l’ouvrier a frisé l’asphyxie. « En rentrant chez moi, je respirais comme Dark Vador », commente-t-il.

À chaque fois, la crainte d’un accident majeur ressurgit. En ce printemps 2021, l’association environnementale des Flamants roses du Trébon et le syndicat FO dénoncent un site en sous-investissement chronique, et s’inquiètent parallèlement sans concertation entre eux qu’une catastrophe sans précédent « de type AZF ou Lubrizol », puisse se produire sur ce site Seveso 2.

Depuis qu’il a été renvoyé en correctionnelle, l’industriel l’assure à longueur d’interventions dans la presse, des efforts ont été faits et l’usine est rentrée dans les clous. « Je suis correct parce que des électrofiltres ont été installés. Je respecte la réglementation », lance le québécois Roger Girard à la juge. Désormais, Tarasconnais, Beaucairois et Arlésiens sont priés d’entendre l’homélie de l’industriel : les nuisances ont été réduites jusqu’à respecter les normes. Les pollutions atmosphériques qui pouvaient potentiellement atteindre à leur santé appartiendraient au passé. Pourtant ils continuent de sentir les effluves de « chou pourri », caractéristiques du sulfure d’hydrogène, un gaz plus ou moins irritant et toxique en fonction des doses respirées.

Avec Fibre Excellence, il faut apprendre la patience, ce qui a sérieusement érodé le contrat de confiance avec les riverains. Cent cinquante se sont portés parties civiles à l’occasion du procès de janvier 2021 : des associations, des particuliers, des exploitations agricoles et les municipalités de Beaucaire et Fontvieille. Promis depuis juin 2018, les électrofiltres chargés de capturer les particules fines en sortie de cheminées n’ont été finalisés qu’en novembre 2019. L’attente se fait aussi concernant « le grand arrêt » technique nécessaire à l’entretien des principales installations vieilles de quatre décennies. Il devrait être programmé à l’automne après avoir été reporté en 2020 au prétexte du mouvement de grève des salariés qui se tenait alors.

Un habile modèle d’optimisation fiscale
Sur le volet social ça ferraille aussi. Depuis début 2020, la direction veut faire accepter un plan d’économie de la masse salariale, ce qui a été à l’origine de la grève de fin septembre. L’objectif des dirigeants est de gratter cinq millions d’euros annuels sur un total de 19 millions. La boîte est déficitaire de plusieurs millions d’euros chaque année. Pour assurer la poursuite d’activité, l’actionnaire renfloue les caisses de l’usine régulièrement. Ce qu’il a refusé de faire en 2020, provocant la cessation de paiement et le redressement judiciaire.

Mais contrairement aux années 1970, le déficit chronique du site semble cette fois-ci organisé, si l’on en croit l’analyse de Greenpeace. Remettre sans arrêt de l’argent dans un site qui tourne à perte, c’est une façon de faire qui a aussi cours pour les autres usines de Jackson Widjadja, au Canada, en Allemagne ou en France. Des usines en apparente faillite, à la base d’un château de cartes qui est, lui, inébranlable. Pour Greenpeace, c’est la résultante d’un modèle d’optimisation fiscale. Chaque usine est régie par une société séparée. Chacune d’entre elle est possédée à 100% par une autre société. En haut de l’organigramme de ces sociétés qui se possèdent les unes les autres se trouve la famille Widjadja. Ainsi, Fibre Excellence Tarascon est indépendante de sa sœur de Saint-Gaudens tout en étant possédée par Fibre Excellence France, elle-même chapeautée par Paper Excellence. Une série de filiales financières, construites sur le même modèle complète le dispositif.

Grâce à ce système, ce ne sont pas des bénéfices qui remontent tout au long de la chaîne, mais des intérêts sur l’argent qui a été remis au pot par la filiale financière. Une manière de ne pas payer d’impôts sur les bénéfices puisqu’ils n’existent pas. L’autre avantage c’est de pouvoir exercer un chantage à l’emploi permanent sur les salariés sommés de faire des efforts sur leurs conditions sociales, les pouvoirs publics sollicités pour engager de l’argent frais, et même la filière bois obligée de revenir négocier le prix de la matière première.

Chantage à l’emploi sur tous les tableaux
Dans le cas présent, la direction de Fibre Excellence pousse sur tous les tableaux, sous la forme de « clauses suspensives » nécessaires pour que l’offre de reprise et ses 20 millions d’euros d’investissement soient maintenus. Elle a déjà obtenu du ministère de l’économie des prêts garantis pour un montant total de 8,6 millions d’euros. Et elle veut une rallonge de ceux-ci dans le cadre de la prolongation de la période d’observation pour six mois jusqu’en octobre. Non contente de ne pas avoir encore réalisé l’installation d’une nouvelle turbine (5), dont l’électricité produite bénéficiera du tarif préférentiel de rachat de l’électricité permis par l’État, elle négocie un prêt pour ce projet avec la caisse des dépôts pour un montant de 20 millions d’euros.

« Autant dans un an ou deux l’actionnaire ferme la boîte quand même. Il ne nous a pas présenté de plan industriel pour l’avenir »

Elle souhaite aussi obtenir un engagement de l’État à ne pas imposer d’éventuelles améliorations environnementales pendant deux ans et à revoir à la baisse la redevance réclamée tous les ans par l’Agence de l’eau au titre des rejets au Rhône. Sur la période 2013-2017, celle-ci était de 18 millions. Et Fibre Excellence a déjà bénéficié d’une division de la note par deux, puis concernant la période 2018-2022 d’un forfait à un million d’euros par an.

Côté fournisseurs, des discussions sont en cours pour établir un plan d’approvisionnement sur cinq ans. Et côté salariés, la CGT et la CFDT, majoritaires en s’étant regroupées en intersyndicale, ont accepté de signer un accord avec la direction à la mi-avril 2021. Il prévoit notamment une baisse des salaires de 5% en moyenne selon la direction et une suppression d’une vingtaine de postes ainsi que de nombreux avantages comme des primes. Un mal nécessaire pour Laurent Quinto de la CGT, « au vu de la situation de l’emploi sur le pays d’Arles ». Le syndicat FO a lui refusé de signer, dénonçant « un accord de destruction ». Il évalue que la perte de pouvoir d’achat des salariés sera de 10 à 20%, sans compter une augmentation du temps de travail et du nombre de tâches. Selon un membre du syndicat FO, qui souhaite rester anonyme, les garanties de la poursuite de l’activité à long terme ne
sont pas assurées. « Autant dans un an ou deux l’actionnaire ferme la boîte quand même. Il ne nous a pas présenté de plan industriel pour l’avenir. »

La crainte des départs
Les tensions sont vives au sein de l’usine. La semaine précédant la signature de l’accord, les salariés l’avaient majoritairement rejeté lors d’un vote de consultation : 148 contre, 128 pour et 5 bulletins étaient blancs ou nuls. Une partie des suppressions de poste à venir devrait se faire sur des départs volontaires dans le cadre de préretraites amiante, ouvertes à des salariés reconnus comme ayant été exposés à la matière cancérogène jusqu’en 2019.

Plusieurs salariés que nous avons rencontrés s’interrogent : signeront-ils l’avenant à leur contrat prévu dans le cadre de la reprise, pour continuer à travailler là ? « Je ne sais pas si je vais signer. On prend des risques pour notre santé et on n’est pas à l’abri d’une nouvelle sanction sur le salaire au moment du grand arrêt. Ils pourraient encore nous dire que la rentabilité n’a pas été trouvée », nous témoigne l’ouvrier « gazé » il y a un an. « Je regarde ailleurs. Il faut partir, partir loin même. En Alsace, il y a du boulot dans la papeterie », discute un autre ouvrier avec des collègues réunis devant l’usine ce 27 avril en soutien à un délégué syndical FO faisant l’objet de menaces de licenciement de la part de la direction.

S’ils sont nombreux à mettre les voiles, la situation pourraient être explosive pour la sécurité du site. L’entreprise pourrait alors embaucher des personnes « aux salaires fixés par les minima nationaux, personnes à qui il faudrait consacrer cinq années de formation. S’il y a trop de salariés avec de l’expérience qui partent et avec les suppressions de postes, on risque de courir partout. Déjà qu’il n’y a pas les moyens suffisants pour la sécurité du personnel et des installations…», alerte le syndicaliste de FO.

La direction balaie d’un revers de manche. « Au contraire, nous avons décidé d’internaliser certaines fonctions actuellement assurées par des sous-traitants. La sécurité est notre priorité absolue, l’ensemble des personnes qui interviennent sur le site sont formées et doivent respecter des règles de sécurité extrêmement strictes », nous écrit-elle.

Effet d’annonce ou avenir durable ?
L’usine se projette dans l’avenir avec une production de pâte écrue, non-blanchie qu’elle réalise à 100% des volumes depuis décembre 2020. Le marché de celle-ci est en plein développement pour couvrir les besoins en emballages comme des sacs en papier ou des cartons pour le commerce en ligne. Selon la direction, la pâte écrue permettra une réorganisation efficiente de l’usine avec moins de personnel car « le process présente moins d’étapes » et moins de pollution au Rhône, puisque les produits chimiques pour le blanchiment ne sont plus utilisés. Effet d’annonce, ou action concrète vers un avenir écologique, économique et social désirable ? En guise de signe contraire à la modernité proclamée, les associations environnementales notent que du fioul lourd sert toujours à
mettre en chauffe les installations lorsqu’il faut les redémarrer. Ce qui dégage une épaisse fumée noire.

Le tribunal de commerce de Toulouse pourrait aussi prononcer la liquidation judiciaire. Quelle que soit sa décision, à venir au plus tard début octobre, il aura plus de poids sur l’avenir que le tribunal de Tarascon. Suite à l’audience du 6 janvier, celui-ci a délibéré le 31 mars en faveur d’une relaxe concernant les pollutions, estimant que l’entreprise avait respecté l’arrêté préfectoral cité dans la procédure. Il a néanmoins condamné l’entreprise à 10 000 euros d’amende pour « exploitation d’un équipement sous pression malgré un contrôle ayant conclu à sa non-conformité ». La décision a provoqué la colère des parties civiles, qui de fait ont été déboutées. Elles promettent de poursuivre leur vigilance et leur combat.

Pierre Isnard-Dupuy (Collectif Presse-Papiers)

(1) Programmée initialement le 12 mai 2020, l’audience a été repoussée une première fois pour cause de crise sanitaire. Second renvoi le 22 septembre pour des demandes d’informations complémentaires à la demande des avocats des parties civiles.

(2) Précisément pour : « émission de substance polluante constitutive d’une pollution atmosphérique », « exploitation d’une installation classée non conforme », « exploitation d’équipement sous pression malgré un contrôle ayant conclu à leur non conformité » et « exploitation d’une installation classée autorisée sans respect des règles générales et prescriptions techniques ».

(3) Compétent car le siège social de la société Fibre Excellence Tarascon est domicilié en Haute-Garonne.

(4) Une substance issue de la cuisson pour faire la pâte à papier et réinjectée dans le process de production.

(5) Produisant de l’électricité à partir de la biomasse du bois, résiduelle de la production de pâte à papier. Le projet est baptisé Biowatt.