Ces dernières semaines, le Collectif des usagers de la médiathèque a rencontré les dix candidats à l’élection municipale. Objectif ? Les alerter sur la situation de la médiathèque d’Arles et les inciter à s’y intéresser de plus près… Et ça marche, tous les candidats promettent, une fois élus, de relever la médiathèque.

16 octobre 2019. Le personnel de la médiathèque est en grève et le fait savoir. Lors du conseil municipal, plusieurs fonctionnaires ont brandi des pancartes  »Médiathèque en danger, […] non au travail « en mode dégradé » » (lire l’article sur ce conseil municipal ici). Sur les bancs de la salle ce jour-là, Philippe Souchu, ancien bibliothécaire. Premier déclic pour lui, qui était avant tout venu écouter les débats sur le casino. Avec d’autres usagers de la médiathèque, ils décident de se regrouper en collectif dès le lendemain, le 17 octobre. « Nous nous sommes reconnus dans les revendications du personnel, explique-t-il. Il y a eu une volonté de leur venir en soutien. »

« C’est un bel équipement pour une ville de plus de 50 000 habitants, mais qui fonctionne comme une médiathèque de quartier », reprend Robert Irigoyen, lui aussi membre du Collectif des usagers. Dans un manifeste  »pour le défense de la médiathèque d’Arles », le collectif souligne notamment des problèmes d’accès, un fonctionnement défectueux, la fermeture des annexes, une communication trop faible ou encore le recrutement des bibliothécaires en interne à la mairie soit des agents non formés au métier venu des autres services. Le Collectif des usagers, qui compte aujourd’hui entre 40 et 50 personnes, commence à discuter avec Rémi Venture, directeur de la médiathèque, et Claudie Durand, adjointe à la culture. Tous deux – comme certains candidats – utilisent la carte « c’est pas notre faute ». Une réponse un peu courte pour le collectif. « On ne fait pas un procès de personnes, affirme Robert Irigoyen. Mais celui d’un fonctionnement. »

 

Des engagements de la part des candidats

Très vite, en ces temps de campagne électorale, l’idée d’alerter les candidats germe dans leurs esprits. « On voulait le faire distinctement du personnel », ajoute Philippe Souchu, qui tient à préciser que le collectif n’agit pas au nom des fonctionnaires de la médiathèque. Aussi tôt dit, aussi tôt fait, le collectif rencontre tous les candidats ou leurs colistiers. « C’était important de les voir, mais on leur a également demander une trace écrite », racontent Philippe Souchu et Robert Irigoyen. Un questionnaire a été envoyé, mais la forme de réponse était libre : réponses question par question, note d’intention…

Voici donc les neuf premiers retours des candidats (par ordre alphabétique des têtes de liste). La liste manquante (Arles ensemble de Cyril Juglaret) devrait envoyer au collectif les réponses rapidement, nous les publierons ensuite.

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– Réponse de Patrick de Carolis pour  »Bâtir ensemble le grand Arles » :

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– Réponse de Christophe Chaine pour  »Arles en commun » :

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– Réponse de Guy Dubost pour  »Lutte ouvrière, faire entendre le camp des travailleurs » :

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– Réponse de Cyril Girard pour  »Changeons d’avenir » :

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– Réponse de David Grzyb pour  »Des avenirs à partager » :

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– Réponse de Stéphane Hédouin pour  »Arles citoyenne » :

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– Réponse de Nicolas Koukas pour  »Le parti des Arlésiens » :

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– Réponse de Jean-Louis Limonta pour le  »Rassemblement arlésien »:

– Réponse de Monica Michel pour  »Aimer Arles » :

Après les élections ?

« Notre but, c’était de mettre la question de la médiathèque dans la campagne électorale », lance Philippe Souchu. Pour le collectif, la mission semble réussi. Comme le montrent les réponses des candidats lors du débat sur la culture organisé par La presse ça presse le 9 mars dernier où l’équipement public a été cité à plusieurs reprises. « Maintenant, on fait une petite pause, on attend les élections », reprend Robert Irigoyen. S’il faut que le collectif se réunisse pour discuter de la suite, nul doute qu’il occupera un rôle de vigie, de contrôle des promesses engagées. « Il faut voir, selon le prochain maire, comment on peut s’intégrer dans la démocratie participative. Tout dépendra des marges de manœuvres qu’on nous laissera », expliquent Philippe Souchu et Robert Irigoyen.

Pauline Pidoux