Dans un communiqué, la ville d’Arles a annoncé que tous les marchés du territoire étaient « annulés jusqu’à nouvel ordre ».

« La doctrine en mairie, c’est de se conformer aux décisions de l’Etat », nous précise-t-on au service communication.

La possibilité de dérogation ouverte par Edouard Philippe
Pourtant les maires pouvaient demander une dérogation au préfet pour continuer à organiser les marchés comme annoncé hier soir par Edouard Philippe sur le plateau de TF1 : « Il sera permis aux préfets sur avis des maires, de déroger à cette interdiction. Pourquoi ? Parce que nous savons que dans certaines petites communes, dans certains villages, le marché est souvent le meilleur moyen et le seul parfois pour que les personnes qui vivent dans ce village ou qui vivent dans, le cas échéant, tel ou tel quartier, puissent avoir accès à des produits frais. Et puis il faut aussi penser aux agriculteurs, à ceux qui nourrissent la France et à ceux qui ont vocation à continuer à la nourrir et qui doivent pouvoir écouler dans de bonnes conditions leur production. C’est la raison pour laquelle nous prenons le principe d’interdiction, mais nous autorisons les préfets à la demande des maires qui sont le mieux placés pour apprécier la capacité de tel ou tel marché à être organisé selon des règles strictes de sécurité à déroger à cette règle. »

Les termes du décret
Dans le texte réglementaire, le décret du 24 mars concernant « les mesures générales nécessaires » face au covid-19, permet dans son article 8, une dérogation pour la tenue des marchés accordé par « le représentant de l’Etat, après avis du maire ». Le marché alimentaire doit simplement répondre « à un besoin d’approvisionnement de la population si les conditions de leur organisation ainsi que les contrôles mis en place ». Toutefois la dérogation doit permettre de respecter l’article 7 du décret, soit l’interdiction de « réunion ou activité mettant en présence simultanée plus de 100 personnes en milieu clos ou ouvert […] jusqu’au 15 avril ». En même temps, s’il fallait respecter ce décret, les grandes surfaces fermeraient.

Des dérogations demandées, mais pas à Arles
Il aurait fallu de l’envie de la part du maire pour faire comprendre au représentant de l’Etat que le marché était le « meilleur moyen » pour les « personnes qui vivent » à Arles ou dans les quartiers du centre-ville pour « avoir accès à des produits frais ». Pourtant, des solutions existaient avec un peu de volonté « des maires viennent nous voir pour trouver des solutions », témoigne Nadine Villier, secrétaire générale de la Fédération française des marchés de France. En Bretagne, à Vannes, ville de 53 000 habitants, la mairie a décidé de déplacer le marché en dehors des remparts pour y installer une entrée et une sortie. Histoire de demander une dérogation au préfet et permettre son maintien.

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